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Alerte des scientifiques pour la protection des cours d'eau intermittents

Cours d'eau intermittent © T.Datry/Irstea

10/09/2018

Le 31 août dernier, 17 chercheurs internationaux, dont Thibault Datry, écologue à Irstea, ont publié une tribune dans la revue Science pour alerter la communauté internationale sur l’imminence d’une décision de l’Agence américaine de protection de l’environnement (USEPA) d'exclure les rivières intermittentes de la Loi de protection sur l’eau.

 

Les rivières intermittentes, cours d'eau qui s'assèchent régulièrement une partie de l’année, constituent plus de la moitié du linéaire du réseau hydrographique mondial. Alternativement écosystèmes aquatiques et terrestres, elles abritent une communauté végétale et animale spécifique cruciale pour la préservation de la biodiversité et l’action pour atténuer le changement climatique. 17 chercheurs internationaux dont Thibault Datry d’Irstea ont publié une lettre dans la revue Science pour alerter au titre de la biodiversité, de la qualité de l’eau et de sa quantité, sur la décision de l’Agence américaine de protection de l’environnement (USEPA).

Face au changement climatique et à l’augmentation de la demande en eau, les cours d’eau intermittents pourraient dominer le paysage dans certaines régions du monde. Aux États-Unis, ils représentent 59% du linéaire de cours d’eau et 50% au niveau mondial.

Alors qu’en 2015, la décision d’intégrer les cours d’eau intermittents dans la définition des « Waters of the U.S (WOTUS) » avait été saluée, le gouvernement américain fait aujourd’hui marche arrière et souhaite remettre en cause l’adoption de cette décision et abroger la protection juridique de ces cours d’eau temporaires dont les eaux de surface contribuent au débit des « eaux navigables » permanentes.

Plusieurs chercheurs internationaux ont décidé de tirer la sonnette d’alarme en publiant dans la revue Science une lettre qui dénonce cette remise en cause et demande à l’USEPA de maintenir sa décision de 2015 et de ratifier le statut juridique et la protection de ces eaux intermittentes. Cela permettrait d’assurer aux Etats-Unis un niveau de protection similaire à celui des eaux navigables intermittentes dans d’autres pays comme l’Australie notamment. « Les oublier, c’est laisser faire d’éventuelles pollutions sur ces cours d’eau, qui vont atteindre le réseau hydrographique avec lequel ils sont connectés par intermittence" souligne Thibault Datry d’Irstea, signataire de la lettre. Cela causerait également des dommages coûteux et potentiellement irréversibles »

Or, les recherches internationales récentes ont mis en évidence les nombreux services écosystémiques
rendus par des voies navigables intermittentes notamment au niveau de la qualité de l’eau et de l’approvisionnement en eau potable, mais aussi de la réduction des substances toxiques et de la prévention des inondations. Elles fournissent également des habitats pour une biodiversité unique et interviennent dans le cycle global du carbone.

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