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PSDR : recherche et dynamique régionale

Initié par l’Inra en 1996, le programme de recherche PSDR a été, pour sa troisième édition, mené en étroite coopération avec Irstea. PDSR3 s’est décliné en 36 projets, profondément ancrés dans les problématiques territoriales grâce aux partenariats entre les organismes de recherche et dix régions.

Dossier des échos n°1 - Septembre 2012

Une approche multidisciplinaire des problématiques territoriales

Initié par l’Inra en 1996, le programme de recherche PSDR a été, pour sa troisième édition, mené en étroite coopération avec Irstea. PDSR3 s’est décliné en 36 projets, profondément ancrés dans les problématiques territoriales grâce aux partenariats entre les organismes de recherche et dix régions.Si les questions posées ont été très diverses, à l’image des territoires concernés, l’enjeu a été à chaque fois le même : mettre en œuvre une démarche scientifique de production de connaissances Pour et Sur le Développement Régional.
« Pour saisir ces problématiques dans toute leur complexité, une approche multidisciplinaire est souvent indispensable. Les équipes associent donc des compétences en biophysique (écologie, agronomie, écotechnologie) et en sciences humaines et sociales (essentiellement l’économie, la géographie, l’aménagement et les sciences de gestion) » précise Marc Guérin, directeur du département Territoires à Irstea

Informations, méthodes et outils pour la concertation, la décision et l’action

Comment se définissent les projets PSDR ?
Avant tout par leur ambition : contribuer effectivement au développement régional et territorial, en fournissant aux acteurs des informations, méthodes et outils pour la décision et l’action, en particulier dans le cadre des politiques régionales. Les projets PSDR se distinguent également par un processus d’élaboration qui associe fortement les conseils régionaux et une part importante des acteurs régionaux (chambre d’agriculture, PNR , structures intercommunales, etc.). Ainsi, l’identification des questions de recherche traitées par les chercheurs repose sur un diagnostic des en-jeux du développement territorial mené dans chaque région en étroite collaboration avec ces acteurs locaux. Les problématiques abordées par les chercheurs d’Irstea vont de l’analyse des questions foncières à la valorisation énergétique de la biomasse, en passant par le tourisme comme facteur de valorisation du patrimoine rural ou l’analyse des politiques de développement territorial.

Une richesse : la diversité des intervenants

Qui dit multidisciplinarité dit pluralité des intervenants. De ce point de vue, les chiffres sont éloquents :

  • plus de 135 équipes de recherche issues de 105 établissements (universités, centres de recherche) ont été mobilisées, avec en moyenne quatre disciplines différentes par projet ;
  • environ 400 partenaires socioprofessionnels se sont investis dans les projets de recherche, notamment les organisations agricoles (coopératives, chambres d’agriculture), PNR, associations environnementalistes, structures touristiques, etc.

Au total, ce sont plus de 1 200 personnes qui ont été impliquées à des degrés divers dans la réalisation et l’animation des projets de recherche. Le tout était placé sous la gouvernance d’une cellule d’animation et d’un comité de pilotage, lieux privilégiés d’échange et de dialogue entre organismes de recherche et partenaires régionaux. Un accent particulier a également été mis sur des thématiques transversales aux régions : deux tiers des projets concernaient deux régions ou plus.

La méthanisation, solution idéale pour traiter les déchets organiques et produire localement une énergie renouvelable ?

Biodecol2, un exemple représentatif des projets PSDR

La méthanisation, solution idéale pour traiter les déchets organiques d’origine agricole et ménagère et produire localement une énergie renouvelable, le biogaz ? Sans doute, mais à quelle échelle, avec quels intrants, quels effets sur l’environnement, quelle répartition sur un territoire et quels porteurs de projet ? C’est à ce type de questions que s’est confronté le projet Biodecol2. L’objectif du projet : lever les principaux freins au développement de cette technologie, de manière adaptée aux territoires du Grand Ouest.


S’il se distingue de la plupart des autres projets par la place importante accordée aux écotechnologies, par sa problématique, son approche et ses méthodes, Biodecol2 est représentatif des nombreux projets du programme PSDR3.

Adapter les méthodes à l’objet de l’étude

Les approches méthodologiques varient notamment selon les sujets abordés. Ainsi, dans le cas de Biodecol2, le projet a mobilisé quatre démarches complémentaires :

  • la synthèse et le traitement des données existantes, ce qui permet au passage de pointer les manques dus à la disponibilité, l’exhaustivité et parfois la confidentialité de ces données ;
  • des enquêtes et l’analyse de données sur des sujets comme les conditions de développement d’un projet collectif de méthanisation, le gisement de substrats organiques, les besoins de chaleur dans le Pays de Fougères, etc. ;
  • des simulations expérimentales, notamment sur les différents substrats méthanisables, le dimensionnement optimal des installations et l’étude des impacts environnementaux liés à la méthanisation ;
  • des simulations numériques permettant d’extrapoler les résultats de la simulation expérimentale et de prendre en compte l’ensemble d’une filière. Cette démarche s’est appliquée aux aspects techniques, géographiques, environnementaux et économiques.

Des résultats concrets

La synthèse des résultats du projet Biodecol2 montre bien l’aspect opérationnel des solu- tions dégagées. L’étude met ainsi en relief trois types de projets, qui peuvent cohabiter ou même s’hybrider : les projets « à la ferme » mis en œuvre par un ou quelques agriculteurs (de 100 à 250 kWe), les projets centralisés « agricoles » issus d’une dynamique collective de la profession agricole (entre 300 kWe et 1500 kWe) et les projets centralisés issus d’une logique industrielle (plus de 1 000 kWe). Des données importantes ont également été dégagées sur des sujets aussi divers que l’in- teraction entre les différents substrats, la valeur fertilisante des digestats (produits issus de la méthanisation) ou les méthodes pour limiter l’émission de méthane au cours du stockage des effluents.

Vers PSDR4

Le futur programme PSDR4 (2013-2017) impliquera un plus grand nombre de régions (une douzaine au total, dont neuf déjà concernées
par PSDR3). Il devrait poursuivre l’ouverture thématique et l’amélioration de la valorisation scientifique et technique des recherches au service du développement régional, en s’ap- puyant sur un nombre plus restreint de projets.

 
Quatre domaines principaux pour Irstea

Les chercheurs ingénieurs et techniciens d’Irstea (une soixantaine répartie sur 7 unités et 5 centres) se sont impliqués dans douze projets dont quatre en coordination exclusive et quatre en coordination partagée. Leur apport a concerné essentiellement quatre domaines qui reflètent bien les priorités de l’institut.

  • La réactualisation de l’analyse des questions foncières, notamment par rapport aux enjeux périurbains, est au coeur des projets Acter (Action territoriale : quels modes de gestion des dynamiques rurales ?) et Popfongo (Une gouvernance foncière des espaces agricoles et naturels en construction).
  • Deux projets abordent la question du tourisme comme facteur de valorisation des aménités et de développement de l’emploi : Amen (Les aménités des espaces ruraux : comment leur gestion et leur valorisation contribuent au développement territorial) et Modintour (Pratiques et destinations touristiques en Auvergne : modèles et innovations).
  • Deux projets mettent en regard l’analyse des politiques de développement territorial et les mécanismes de développement des espaces ruraux et périurbains : Regiab (Analyse de politiques de développement en Auvergne et Bourgogne - Pour un pilotage efficace de l’action régionale) et Gouv.Innov (Gouvernance des territoires et développement durable : une analyse des innovations organisationnelles).
  • Enfin, deux projets se concentrent sur la valorisation énergétique de la biomasse, issue de la forêt ou des déchets agricoles et ménagers, et ses relations avec les territoires : projets Benefits (Bois-énergie : environnement, filière et territoire) et Biodecol2 (Territoires de méthanisation). En outre, Irstea a également co-coordonné le projet VALPRAI sur une thématique plus nettement agricole et portant sur la diversité des prairies de montagne comme atout du développement
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