Pollution aquatique : évaluer la qualité de l'eau et la protéger

Les sources de pollutions aquatiques sont multiples et souvent insoupçonnées : cosmétiques, produits ménagers, pesticides, médicaments, composants électroniques… la liste est longue. Ainsi, si les eaux issues des milieux urbain, domestique, agricole ou industriel retournent à la nature sans être traitées, alors le bon état écologique de nos masses d’eau s’en trouve menacé. 

Évaluer l'état de nos cours d’eau : des outils de mesure

Les échantillonneurs passifs, des «mouchards» pour traquer les micropolluants

 

Placés dans les cours d’eau, ils fixent en continu les pesticides, herbicides et insecticides pendant la période d’exposition. Ils permettent d’avoir une estimation de la contamination moyenne. 2 types d’échantillonneurs sont utilisés : un, composé d’un aimant nommé le p-SBSE qui détecte les pesticides hydrophiles (médicaments, pesticides…) et l’autre composé d’un disque avec une membrane nommé POCIS qui détecte les pesticides hydrophobes. Les mesures se font en laboratoire.

Découvrez PACSiR, un nouveau matériau composite breveté pour analyser un grand nombre de molécules (organiques, hydrophiles, hydrophobes...) en une seule étape. 

 

Campagne de prélèvements sur le bassin parisien

Depuis 2012, le bassin de la Seine fait l’objet d’une étude pilote de suivi écologique et écotoxicologique. Les chercheurs d’Irstea utilisent un panel d’outils réglementaires et innovants pour évaluer de manière concrète et complète la qualité des cours d’eau étudiés.

 

Bioindicateurs : l’appui d’Irstea aux politiques publiques

Les équipes scientifiques développement des indicateurs biologiques (bioindicateurs) et participent aux transfert des méthodes vers les opétateurs. Exemple avec les végétaux aquatiques.

 

Une nouvelle génération de bioindicateurs à l'échelle microbienne

L’écotoxicologie appliquée aux communautés aquatiques microbiennes ouvre de nouvelles perspectives dans le champ de l’évaluation de la qualité des milieux aquatiques. 2 équipes d’Irstea se sont spécialisées dans cette discipline en émergence et ont développé une méthode originale.

 

BIOMAE, une start-up sortie du labo

Couple de gammares

Le gammare, petite crevette invertébrée d’eau douce présente dans nos rivières et sensible aux contaminants, se révèle un bon indicateur de la présence et des effets des substances toxiques dans nos milieux aquatiques.

 

Identifier les zones prioritaires pour réduire l’impact des produits dans les cours d’eau et aires de captage

© Irstea / OnemaIrstea a mis au point une méthode, nommée ARPEGES (Analyse de Risque Pesticides pour la Gestion des Eaux) qui permet d’identifier les masses d’eau présentant un risque important de contamination par les pesticides, ainsi que les causes principales de ce risque (utilisation trop importante de pesticides, typologie du bassin versant).

A l’échelle de l’ensemble du bassin versant, la méthode prend en compte l’utilisation de produits phytosanitaires à l’aide d’enquêtes sur les pratiques culturales, la dépense en produits à partir de la base nationale des ventes de produits phytopharmaceutiques, les propriétés des substances et également leur effet "cocktail" et enfin la vulnérabilité des masses d’eau.

 

Les résultats de risque de contamination se présentent sous la forme d’une "décision" qui correspond au niveau de risque. Cette méthode pourra être déclinée à une échelle régionale et pourrait être utilisée comme outil d’aide à la décision pour tester, par exemple, différentes politiques globales (aménagement de zones tampons, évolution des usages de pesticides, gestion des abords de rivières…).

Vocabulaire

Aire de captage : ensemble des surfaces où toutes les gouttes d’eau tombée du sol sont susceptibles de parvenir jusqu’au captage, quel que soit le mode de transfert.

De nombreux points de captage d’eau potable ont une qualité d’eau mauvaise. Pour la protection des aires de captage, Irstea travaille sur la cartographie des parcelles les plus sensibles afin de cibler plus précisément d’éventuelles actions sur le terrain. Par exemple, Irstea a travaillé sur les sources de la Vigne qui font l’objet d’exploitation pour l’alimentation en eau potable de la ville de Paris depuis le XIXe siècle. Elles sont exploitées par Eau de Paris à hauteur de 30 000 m3/jour en moyenne avec 7 points de prélèvements. En 2009, ces sources ont été placées en captage prioritaire, ce qui implique la mise en place d’un plan d’action pour limiter les pollutions diffuses dont les pesticides. Irstea a ainsi cartographié les parcelles les plus sensibles et identifier la manière dont les pollutions se diffusent vers les captages. Il apparaît que ces parcelles ne sont pas nécessairement situées à proximité immédiate du captage mais qu’il conviendrait d’intervenir dès l’amont du bassin.

 

Epuration des eaux : étudier l’efficacité de dépollution des zones de rejet végétalisées

Inauguration d'une biostation expérimentale inédite

Zone de rejet végétalisée type prairie du site expérimental, à Bègles © Irstea / J-M. Choubert

Enjeu : évaluer l’efficacité de dépollution des zones de rejet végétalisées, aménagées à proximité des stations d’épuration, pour améliorer la qualité des eaux restituées au milieu naturel.

 

Piéger les pesticides en utilisant la nature : l’ingénierie écologique 

Pollution aquatique : redonner de l'eau de bonne qualité à la nature

Imaginez que pour améliorer la qualité des eaux, ce soient les paysages naturels qui se chargent eux-mêmes de l'épuration ? Une utopie devenue aujourd'hui une réalité, grâce à l'ingénierie écologique.

 

L’ingénierie écologique & les milieux aquatiques : un duo gagnant

Irstea apporte son expertise à un ouvrage coordonné par l’Association scientifique et technique de l’eau et de l’environnement (ASTEE).

 

Dépollution des eaux agricoles : une mare innovante réunit les acteurs du territoire

Depuis 2005 à Rampillon, des chercheurs d’Irstea et des acteurs du territoire travaillent ensemble autour d'un dispositif innovant, situé entre la parcelle et le cours d’eau : une zone tampon humide artificielle. Un dialogue territorial salué.

 

[Vidéo] Rampillon : l'eau qui se dépollue

Mare de Rampillon

Un reportage d'Universcience TV.

 

Un guide technique de mise en oeuvre de zones tampons humides artificielles (ZTHA)

Irstea publie, en partenariat avec l'Onema, le premier guide technique de mise en oeuvre de ZTHA. Objectif : partager les connaissances et retours d’expériences sur 5 zones humides, dont le site pilote à Rampillon.