Enquête. Comment consommez-vous l’eau ?

Grande enquête (Irstea et BRGM) sur les usages et consommations d’eau des ménages dans 2 grandes agglomérations du Sud : Montpellier et Perpignan, afin de comprendre les comportements des consommateurs et anticiper les besoins futurs. Quel profil a le consommateur-type d’eau ? Possède-t-il une piscine et fait-il des efforts pour économiser la ressource ? Aperçu des résultats.

Face aux enjeux futurs, que sont entre autres la croissance démographique, l’agriculture et le changement climatique, le partage de la ressource en eau est devenue une priorité. Dans le Languedoc-Roussillon, où s’alternent de plus en plus des épisodes de pluies violentes et de pénuries d’eau, il devient urgent pour les collectivités locales de repenser leurs équipements et investissements en termes de production et d’assainissement. Mais comment prévoir de manière fiable l’eau dont nous aurons besoin dans les années à venir ? Une enquête [1] a été menée par 2 organismes de recherche sur la consommation en eau des ménages dans les 2 villes méditerranéennes de Perpignan et Montpellier.

600 personnes, en habitat individuel avec jardin, ont ainsi été interrogées entre novembre 2012 et avril 2013 par les chercheurs d’Irstea et du BRGM. Objectifs : pousser toujours plus loin la connaissance et la compréhension des consommations d’eau et définir les efforts d’économie d’eau que peuvent fournir les ménages.

Usages, pratiques et perception : l’eau en question

Quelques résultats à relever :

63 % des ménages, résidant dans des quartiers résidentiels des agglomérations de Montpellier et Perpignan ayant répondu à l’enquête, déclarent ainsi arroser leur jardin et 40 % ont une piscine (surtout sur Montpellier Agglomération). Pour satisfaire ces usages extérieurs gourmands en eau, 48 % ont recours à une ou plusieurs ressources alternatives, essentiellement des dispositifs de récupération d’eau de pluie ou des forages (surtout sur Perpignan Méditerranée). La principale raison invoquée : ne pas gaspiller de l’eau potable pour ces usages (49 %). Mais le niveau du prix de l’eau du réseau public est également un facteur déterminant pour près de 24 %.

Comment économiser l’eau au quotidien ? Les ménages se disent très concernés par les économies d’eau, comme le révèle l’enquête. Cela se traduit par l’installation de dispositifs techniques, comme une chasse à double commande (76 %) ou encore des pommes de douche économes (54 %). 89 % des logements analysés sont ainsi équipés au moins d’un dispositif d’économie d’eau.

Mais équiper sa maison ne suffit pas, les comportements au quotidien doivent également évoluer : ainsi, certains gestes d’économie sont de plus en plus adoptés comme arrêter l’eau du robinet pendant le brossage des dents (76 %), prendre des douches de courte durée (66 %) ou encore éteindre l’eau pendant qu’ils se savonnent (68 %). 20 % des ménages déclarent également récupérer l'eau de lavage des légumes.

L’eau est avant tout perçue comme utilitaire et les ménages prônent son non-gaspillage à 61 %. « Eau » rime ainsi avec « nécessité », « boisson/cuisine » et « lavage ». Viennent ensuite les notions de « sécheresse » (25 %) et de « pollution » (8 %). En termes d’agréments, l’eau est ainsi associée à la « pluie » pour 27 % des ménages interrogés ; c’est « un droit » (21 % l’affirment), un « plaisir » (11 %) voire un « loisir » (2 %). Une perception dénuée d’évocation poético-ludique, qui fait écho à la raréfaction de la ressource…

La consommation en eau des ménages est ainsi intrinsèquement liée au logement (surface habitable, piscine, équipements, …), aux caractéristiques du ménage (famille nombreuse), aux habitudes de consommation et enfin, à certaines variables psychologiques ou de perceptions de l’eau (niveau du prix de l’eau, part du budget consacrée, …).

Retrouvez en ligne les résultats détaillés sur le blog du projet Eau&3E.

En savoir plus

[1] Enquête réalisée par Irstea et le BRGM dans le cadre du projet de recherche Eau&3E. Financée par le programme « Villes durables » de l’Agence nationale de la recherche (ANR). Coordinateurs : Anne-Laure Agenais (ingénieure d'études à Irstea UMR G-Eau, Montpellier), Marielle Montginoul (chargée de recherche à Irstea UMR G-Eau, Montpellier) et Jean-Daniel Rinaudo (chercheur au BRGM Montpellier).