Chaire industrielle ELSA-PACT : la montée en puissance de l’ACV

"Du berceau à la tombe", c’est le slogan choc de l’ACV, l’Analyse du cycle de vie. Une nouvelle discipline scientifique dont l’objectif est d’évaluer les impacts environnementaux et sociaux d’un produit, service,... On observe aujourd’hui une montée de la pensée "Cycle de vie". La preuve ? L’inauguration de la Chaire industrielle ELSA-PACT sur l’ACV, portée par Irstea, le 25 mars prochain à Montpellier. Une première…

Anticiper est aujourd’hui le maître-mot des décideurs (collectivités, industriels,…), soucieux des conséquences sociales, économiques et environnementales de leurs décisions. Dans ce contexte, l’écoconception, voire l’éco-socio-conception, sont des valeurs ajoutées et des facteurs d’innovation et de compétitivité pour les entreprises. Les méthodes de l’Analyse du cycle de vie [1] (ACV) permettent une évaluation multicritère et exhaustive, sur la base de procédures standardisées qui guident l’inventaire des flux et la transformation de flux en impacts environnementaux.

Mais comment intégrer ces performances environnementales et sociales dans l’offre de produits ou services ? Et surtout, comment les mesurer ?

Pour y répondre, Irstea a développé un pôle de recherche dédié à l’ACV (ELSA [2]) et lance, le 25 mars prochain à Montpellier, la première Chaire industrielle [3] sur l’ACV en Europe : ELSA-PACT [4]. « Il n’en existe qu’une autre au Canada, explique Véronique Bellon-Maurel, directrice du département Écotechnologies à Irstea et coordinatrice du projet ANR ELSA-PACT. Le pôle ELSA est devenu une marque reconnue. Il fallait donc capitaliser dessus et se positionner, en passant d’une visibilité nationale à une visibilité internationale. »

ELSA-PACT

L’objectif de la Chaire est de rapprocher le monde académique du privé et de mettre en place des méthodes et outils scientifiquement fondés pour une évaluation des impacts environnementaux et sociaux des activités humaines, en particulier des activités de gestion des ressources naturelles (agriculture/alimentaire, gestion de l’eau, des déchets, etc.). « Il s’agit bien de recherches en méthodologies, ce qui est rare pour une Chaire industrielle, précise Véronique Bellon-Maurel. Nous allons ainsi travailler avec les entreprises (5 partenaires industriels [5]) sur la mise au point de méthodes, puis sur leur normalisation,… Bref, ‘créer le thermomètre’ avant de pouvoir dire ‘nous allons faire baisser la température’. »

La Chaire s’articulera autour de plusieurs activités :

  • La recherche : une dizaine de thèses et de post-doctorats co-construits avec les entreprises. Par exemple, faire converger les méthodes d’ACV classiques (conçues pour des produits manufacturés) avec d’autres méthodes d’analyse de risques, qui incluent les systèmes plus complexes, comme des systèmes de distribution de l’eau,… 
  • La formation : à destination des entreprises partenaires (collaborateurs, clients,…), sous forme d’ateliers, de cours en face-à-face ou en ligne.
  • L’animation scientifique

Cerise sur le gâteau : Ralph Rosenbaum, scientifique de renommée internationale et professeur associé à l’Université du Danemark, a été nommé titulaire de la Chaire.

L’ACV s’organise en réseaux

Dans le cadre de la Chaire, la mobilisation Irstéenne va au-delà du groupe montpelliérain, avec des recrutements dans les centres de Rennes et Clermont-Ferrand. La notion de réseau, ici en interne et propre au principe de la Chaire, prend alors tout son sens.

« On observe une montée en puissance de l’ACV, qu’il faut encourager. Il est important de créer un effet d’entraînement avec d’autres entreprises du secteur, intéressées pour cofinancer de nouvelles thèses. Notre ultime objectif est de pérenniser ce fonctionnement », analyse Véronique Bellon-Maurel, qui passera le relais à ses complices Ralph Rosenbaum et Philippe Roux. Jusqu’à créer une société savante en France, formant une communauté scientifique spécialisée en ACV ? Beau programme.

Consultez le site de l’Agence nationale de la recherche (ANR) pour plus de détails sur le programme 2013.

En savoir plus

[1] L’ACV permet l’évaluation, du début à la fin, des impacts environnementaux et sociaux d’une filière générant des produits ou services.

[2] ELSA : Environmental Life cycle and Sustainability Assessment. Groupe de recherche dédié à l’Analyse en Cycle de vie et à l’écologie industrielle appliquées aux agro-bio procédés, créé en 2008, issu de cinq organismes fondateurs (CIRAD, École des Mines d’Alès, INRA, Irstea, Montpellier SupAgro).

[3] Le dispositif « Chaires industrielles » a été mis en place par l’Agence nationale de la recherche (ANR) en 2011, afin de soutenir plus efficacement la recherche industrielle, dans toutes les thématiques de recherche. L’entreprise est ainsi placée au cœur du dispositif, ce qui permet d’aborder des problématiques inspirées du marché et orientées vers une mission de formation par la recherche dans l’optique d’innover. Des appels à projets sont lancés.  En savoir plus.

[4] Projet ANR ELSA-PACT « Evaluation environnementale et sociale du cycle de vie pour améliorer la compétitivité des entreprises par la transition écologique et sociale »… En savoir plus.

[5] Les partenaires industriels fondateurs de cette Chaire industrielle sont le groupe Suez Environnement, la Société du Canal de Provence et d’Aménagement de la Région Provençale (SCP), le groupe BRL, le groupe coopératif Val d’Orbieu UCCOAR et la société de conseil Evea. L’ONEMA, l’ADEME et la Région Languedoc-Roussillon apportent aussi leur soutien au projet.