MOOC : l’ingénierie écologique dévoile ses pratiques

Ingénieurs, chercheurs, élus, entrepreneurs… du 23 octobre au 11 décembre 2017, (re)découvrez le monde de l’ingénierie écologique et consolidez vos savoirs en la matière, grâce à un MOOC ! Au programme : vidéos, quiz et débats en présence d’experts sur l’émergence, les enjeux et applications de cette approche innovante… N’attendez plus pour vous inscrire.

Face à la dégradation et à la pollution des écosystèmes terrestres et aquatiques, l’ingénierie écologique est une approche pertinente pour restaurer, créer et préserver ces milieux, tout en respectant l’environnement. En s’appuyant sur les connaissances du vivant et ses aptitudes, il s’agit par exemple de limiter les impacts de la pollution agricole dans les milieux aquatiques, ou de restaurer le lit d’un cours d'eau pour limiter les risques d’inondation. Dans quelles situations utiliser l’ingénierie écologique au juste ? Quels résultats attendre de ces pratiques ? Quels sont les cadres juridiques, économiques ou politiques qui animent leur mise en œuvre ?

Bases écologiques et cas concrets d’application

Piloté par Luc Abbadie, écologue et professeur à l’UPMC, et animé par 28 scientifiques issus de disciplines variées, le MOOC ingénierie écologique vous invite à explorer les concepts, enjeux, et domaines d’utilisation (agroécologie, dépollution, compensation écologique…) de cette forme d’ingénierie, le tout en 7 semaines, sous forme de vidéos et de quiz. Un forum réunira les participants afin de favoriser les échanges entre eux, et avec les experts du MOOC, et leur permettre ainsi de se constituer ou d’élargir leur réseau.

Cette formation en ligne et gratuite sur la plateforme FUN, s’adresse :

  • Aux professionnels : ingénieurs, chercheurs, conseillers en bureau d’études, décideurs publics, entrepreneurs des domaines concernés par ces pratiques (eau, environnement, agriculture,…), pour perfectionner leurs compétences,
  • Aux enseignants, pour partager et approfondir leurs savoirs,
  • Aux étudiants, pour se former à cette approche,
  • Aux curieux, désireux d’en savoir plus sur ces pratiques en plein essor.

Reconnus pour leurs travaux en ingénierie écologique, les scientifiques d’Irstea y partageront leur expertise. Freddy Rey, directeur de recherche à Irstea, coordonne la semaine 3 dédiée aux domaines d’application de l’ingénierie écologique, où il présentera les défis à relever en matière de génie végétal et face à la nouvelle compétence GEMAPI (Gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations). Trois scientifiques d’Irstea interviendront également : Frédéric Gosselin reviendra sur la définition de l’ingénierie écologique, à l’interface entre recherche et procédés d’ingénierie, tandis que Sylvie Vanpeene et Julien Tournebize présenteront respectivement des projets de réintroduction et restauration de biodiversité dans le cadre de la politique Trame Verte et Bleue, et des projets de dépollution via des méthodes d’ingénierie écologique.

Ingénierie écologique, solutions fondées sur la nature : quelles similarités ?

S’appuyer sur des écosystèmes sains, résilients, fonctionnels et diversifiés pour répondre aux effets des changements globaux (changements climatiques, usages des sols…), tel est l’objectif des  « solutions fondées sur la nature » récemment définies par l’UICN[1]. Elles reposent sur 2 grandes orientations, réguler le climat et limiter les risques naturels, et mobilisent 3 types d’actions pour y répondre :

  1. La préservation d’écosystèmes
  2. L’amélioration de la gestion durable d’écosystèmes utilisés par les activités humaines,
  3. La restauration des écosystèmes dégradés et la création d’écosystèmes.

Elles rejoignent ainsi l’ingénierie écologique, caractérisée par des finalités écologiques mais aussi économiques et sociales, et basée sur une utilisation du vivant. L’ingénierie écologique présente cependant un champ d’actions plus limitées car explicitement centrées sur des procédés d’ingénierie, à l’instar des ouvrages de génie végétal.

Le concept de solutions fondées sur la nature est aujourd’hui utilisé par les instances européennes et dans plusieurs programmes de recherche H2020 en environnement. Or, il existe plusieurs définitions de cette notion dont les contours, encore flous, nécessitent une clarification. Une analyse internationale portée par ALTER-NET[2], à laquelle Irstea a contribué, éclaircit les fondements et enjeux de cette notion en lien avec des concepts similaires de gestion et préservation des écosystèmes (comme l’ingénierie écologique ou la Trame Verte et Bleue), et questionne les défis et opportunités de son développement. Les auteurs soulignent ainsi le potentiel de ce nouveau concept pour développer des recherches interdisciplinaires sur les services rendus par les écosystèmes, et contribuer au développement d’une économie plus durable. Sa mise en œuvre nécessite toutefois une meilleure compréhension de ses principes clés et une mise en commun des savoirs et pratiques entre chercheurs, ingénieurs, entrepreneurs et citoyens. Les experts d’Irstea sont d’ores et déjà mobilisés dans ces réflexions. 

 

En savoir plus