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Fatallah, à la pêche aux infos pour protéger l’alose

Originaire de Mellab au Maroc, Fatallah Kerouaz est en 2éme année de thèse au sein de l’unité ETBX à Bordeaux, où il travaille sur le projet Shad’eau - Fauna visant à identifier les facteurs en jeu dans le déclin de l’alose (poisson migrateur), et à identifier des leviers d’action pour protéger cette espèce menacée. L’occasion de revenir sur son parcours et son travail.

Quel parcours vous a mené à Irstea ?

Après un Bac +2 en économie et gestion à l’Université de Mohamed 5 à Rabat au Maroc, j’ai intégré une Licence (EAS) à l’Université Franche-Comté à Besançon. J’ai ensuite poursuivi mes études dans un Master recherche chargé d’étude économique. En M2, je me suis intéressé plus particulièrement aux problèmes d’économie de l’environnement et de régulation environnementale. Cet intérêt s’est matérialisé par un stage réalisé au Laboratoire d’Economie Forestière (LEF) à Nancy sur le coût de fourniture des services écosystémiques.

Grâce à cette expérience, mon intérêt pour les questions liées à l’économie de l’environnement s’en est trouvé renforcé. Pour cette raison, j’ai recherché un financement pour une thèse doctorale autour des mêmes sujets au sein de l’université de Franche-Comté et du LEF puis j’ai élargi mes recherches à d’autres organismes travaillant sur ce genre de thématiques.

Comment avez-vous découvert Irstea ?

La première fois que j’en ai entendu parler, c’était pendant mon Master par le biais de l’un de mes professeurs de l’Université de Franche-Comté qui avait travaillé avec l’antenne de Strasbourg. Puis, j’ai effectué des recherches pour découvrir davantage les thématiques de recherche de différents centres ainsi que les offres de thèses proposées. En 2015, j’ai postulé pour une thèse à Irstea Clermont-Ferrand. Il s’agissait du seul sujet en économie proposé cette année-là, et je n’ai pas été retenu. En 2016 j’ai postulé avec succès pour une thèse dans le cadre des projets Shad’eau – Fauna à Bordeaux.

En quoi le domaine de la recherche en France est-il différent de celui de votre pays ?

Au Maroc, les doctorants n’ont pas accès à des financements spécifiques. Peu d’organismes proposent de financer des projets de recherche. Les doctorants doivent alors souvent travailler à côté pour financer leur thèse. La recherche est centrée autour des universités, il n’existe presque pas de laboratoires de recherche, en tout cas dans le domaine de l’économie de l’environnement.

Sur quels projets travaillez-vous actuellement ?

Shad’eau - Fauna est un projet interdisciplinaire, étudiant les causes du déclin de la population d’aloses dans la région Nouvelle Aquitaine. Ce projet vise à identifier les facteurs en jeu dans le déclin de l’alose qui se poursuit malgré un moratoire de pêche mis en place en 2007, et trouver des leviers d’action pour mieux la protéger. Il s’agit d’examiner aussi ses usages de pêche et encourager ainsi une gestion adaptée. Mon projet de thèse vise à apporter les fondements micro-économiques de la nécessité d’un instrument monétaire (en l’occurrence le permis) pour la régulation des usages récréatifs des espèces menacées quand la préservation de la biodiversité et des services écosystémiques devient l’enjeu de l’action publique. Elle prend appui pour cela sur la problématique de la gestion de la pêche récréative pour la préservation des poissons migrateurs.

Ma thèse veut défendre l’idée que l’instauration d’un permis pour les usages récréatifs non marchands peut jouer le rôle « d’un coup de pouce » pour accompagner l’engagement individuel vers plus de préservation quand la gestion d’une espèce en danger est déjà bien encadrée socialement et scientifiquement.

Je me fonderai sur des travaux empiriques basés sur des données d’enquêtes conduites auprès d’un échantillon de pêcheurs ciblant trois poissons – saumon, alose et truite fario. Cette enquête s’articule autour de la méthode des expériences de choix discrets, une méthode usuelle en évaluation économique du non-marchand.

Quels sont vos projets pour la suite ?

D’abord finir ma thèse ! Ensuite, j’aimerai intégrer un organisme de recherche traitant des questions d’économie liée à l’environnement. En effet, j’ai déjà travaillé sur les services écosystémiques forestiers. Là, je travaille sur la préservation de la biodiversité par le bais de la régulation de la pêche récréative aux poissons migrateurs. J’aimerais travailler sur de nouvelles thématiques liées à l’environnement avant de choisir mon domaine de prédilection.