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DTAM

Arbitrer des choix de développement dans le respect
des territoires et de l'environnement

Le thème de recherche DTAM a pour ambition de contribuer à la connaissance des interactions entre les activités économiques et l’environnement, sur des territoires dont les échelles vont du local au national : parc naturel régional, zone côtière, zone périurbaine, grande ville ou ensemble de territoires ruraux pour ne citer que quelques exemples. Les recherches menées proposent outils, méthodes et analyses dans une perspective d’accompagnement, d’aide à la décision et d’anticipation. Elles concernent plus particulièrement la transformation des activités agricoles, la forêt multifonctionnelle, les différents usages du foncier, les inégalités territoriales et les activités récréatives liées au tourisme.

L'enjeu environnemental est le fil conducteur, plus particulièrement encore pour les espaces sensibles sur lesquels nous travaillons, que ce soit en montagne, sur le littoral ou en Martinique. Nous prenons en compte les intérêts des habitants et des acteurs du territoire - élus, agriculteurs, associations, industriels - pour étudier toutes les facettes d'une question, les quantifier et proposer des solutions adaptées. L'interdisciplinarité est notre point fort : économistes, sociologues, agronomes, géographes et spécialistes en sciences politiques et sciences de gestion associent leurs compétences pour offrir une réponse globale, efficiente et objective aux décideurs publics.

Enjeux socio-économiques

Les enjeux socio-économiques concernent :

  • l'aménagement du territoire et les enjeux fonciers
  • la forêt multifonctionnelle
  • l'agriculture multifonctionnelle :
    • la transformation des activités agricoles et les dynamiques territoriales
    • l'intégration d'enjeux environnementaux dans les activités agricoles
    • les activités agricoles en montagne
  • les problématiques environnementales :
    • l'émergence de nouveaux enjeux, de nouveaux risques
    • les espaces spécifiques : espaces naturels protégés (parcs nationaux…), l'espace littoral, les estuaires, la montagne
  • l'usage résidentiel des territoires
  • le tourisme et les activités récréatives

Enjeux scientifiques

Notre travail de recherche est motivé en premier lieu par l'évolution des enjeux sociaux, économiques et environnementaux contemporains, qu’ils soient généraux ou spécifiques aux territoires étudiés.
Cette évolution induit l'émergence de nouvelles questions scientifiques. Nos travaux s'inscrivent aussi dans des enjeux scientifiques disciplinaires, ou interdisciplinaires, que nous souhaitons relever, et que nous abordons pour certains d’entre eux en coopération avec d'autres organismes de recherche et de développement.
Les différents objets d'études abordés au sein d'une même discipline peuvent être à la source d'enrichissement des solutions d'un domaine par un autre, de même que la localisation sur quatre sites permet d'avoir du recul sur les problématiques et les solutions abordées. Les animations thématiques et disciplinaires intersites s'efforcent de mettre en valeur ces avantages comparatifs.

Trois axes de recherche structurent ainsi nos travaux

Axe 1 : Dynamiques et organisations des territoires

Les territoires ruraux et périurbains connaissent d’importantes mutations, face aux changements globaux mais aussi au regard de dynamiques endogènes. Autrefois espaces majoritairement dominés par une valorisation agricole et sylvicole, ils se sont diversifiés en réponse à des attentes sociétales nouvelles et à un contexte en rapide évolution. Dans ce sens, les recherches menées au sein du TR DTAM - où les territoires sont tant objets que cadres d’analyse - portent d’une part sur la contribution des espaces ruraux et périurbains au développement régional, sur les changements d’usages de l’espace, les inégalités spatiales, les dynamiques touristiques et résidentielles ; et d’autre part sur les facteurs d’attractivité grâce à la mise en valeur d’aménités, des paysages et de la biodiversité, la protection et la mise en valeur de la ressource en eau et du patrimoine naturel et culturel.

Un certain nombre de mots-clés peuvent ici être soulignés : les valeurs, les représentations et comportements, la performance, les espaces dédiés, les zonages et l'analyse des structures et ségrégations spatiales, les formes, les processus et les stratégies d'organisation des acteurs et des territoires, les conflits, la préservation de fonctions, la différenciation territoriale et les échelles de planification ou de décision, et enfin les inégalités d'accès aux ressources. Les questions peuvent concerner aussi la viabilité ou la résilience des territoires.

Pour en savoir plus

Le territoire peut se définir comme un espace géographique identifié et collectivement partagé par les acteurs. Deux approches sont possibles : l'approche "fondamentaliste" pour laquelle le territoire est une échelle spatiale privilégiée (comparée à d'autres espaces possibles), et l'approche constructiviste pour laquelle le territoire est un compromis plus ou moins stable entre les différentes parties prenantes.

Dans le cadre de l'évolution des politiques publiques (cf. axe 2) et des enjeux environnementaux (cf. axe 3), l’échelle territoriale est particulièrement mise en avant au travers du terme de multifonctionnalité des espaces ruraux, notamment sous les aspects suivants : la régulation des multiples usages, la prise en compte de la qualité, la mise en valeur de la diversification et le retour à une promotion du support local.

Dans ce contexte, le rapport entre campagnes et villes s’est aussi fortement modifié, justifiant de s’intéresser à cette relation qui ne doit plus être vue aujourd’hui comme une frontière physique entre deux mondes, mais plutôt dans un continuum urbain/rural, traversant les espaces dits périurbains.

Si ces territoires semblent connaître des dynamiques et des évolutions « endogènes », ils connaissent également des "pressions" mais aussi des opportunités exogènes. Ainsi, les changements globaux, tels que la préservation de la biodiversité, auront inévitablement des effets locaux, et dans cette perspective, le territoire peut être considéré comme une échelle d’analyse pertinente et incontournable, en particulier pour décrypter les interrelations entre les différentes dynamiques. L'analyse de l'organisation des activités récréatives et de tourisme, en lien avec les autres activités et les ressources présentes, constitue aussi un des axes de travail important.

Champs de recherche abordés :

  • espaces ruraux : évolution des usages et des activités,
  • rôle des activités agricoles,
  • concurrence entre les usages et ressources foncières,
  • analyse des différents facteurs de dynamiques spatiales,
  • cas particuliers des usages résidentiels, du tourisme et des activités récréatives,
  • dynamiques territoriales et transformations des activités agricoles : processus en œuvre, cas particulier des territoires de montagne

Axe 2 : Action publique et politiques publiques

Les tensions sur l’économie et sur l’environnement posent de nombreuses questions sur les différents instruments de régulation mis en œuvre (réglementations, contrats, accords "volontaires", marchés de droits, taxations et subventions…) ainsi que sur les arbitrages, les modalités de décision, le rôle des prix, des normes. La mise en évidence de nouvelles inégalités (environnementales, vis-à-vis des risques…) introduit également de nouvelles questions, notamment sur l'intégration de l'équité et de l'éthique dans les politiques environnementales.

Nos recherches concernent ainsi les acteurs des politiques, la conception et l'organisation de l'action collective et publique, les instruments mis en œuvre et leurs impacts. Nous travaillons dans trois directions :

  1. conseil, notamment en mobilisant une expertise acquise par ailleurs,
  2. participation directe à l'évaluation des politiques publiques,
  3. accompagnement et observation dans le temps afin de comprendre, décrire et analyser les conditions sociales et politiques de l'action collective.

Pour en savoir plus

Politiques concernées : agriculture, environnement, tourisme, espaces littoraux et estuariens, montagne, forêt, biodiversité.

L'action publique mobilise aujourd'hui trois impératifs, tous trois à l'origine de questions de recherche : impératifs scientifique, délibératif et évaluatif. Le premier demande que les décisions de politiques publiques soient fondées sur des éléments robustes, en sollicitant si nécessaire une expertise scientifique.

Le deuxième impératif, délibératif, accompagne un mouvement de polycentrisme des lieux de décision publique et de diversification des formes d'intervention publique. Il conduit vers plus de participation des parties prenantes et des citoyens concernés, et vers l'émergence de nouvelles parties prenantes, émergence spontanée (associations, lobbies…) ou favorisée (nouvelles organisations institutionnelles…), tant dans les phases de construction de la politique que dans sa mise en œuvre locale et son évaluation. L'action publique elle-même contribue ainsi à l'évolution de ce polycentrisme. La recherche est interrogée par les formes complexes d’action publique qui se mettent ainsi en place.

L'impératif évaluatif, obligatoire par exemple pour les interventions publiques depuis 1992 dans le domaine de l'agriculture et du développement rural, nécessite la structuration de méthodologies propres à chaque domaine d'intervention. L’objectif final d’une évaluation de politique publique est de rendre compte de l'efficacité ou de l’impact des programmes, souvent multi-objectifs et à différentes échelles (exploitations, territoires à enjeux, pays…) et des mesures mises en œuvre au regard de leur coût. Elle permet aussi de rendre les acteurs publics et les destinataires de ces politiques responsables des actions qu'ils conduisent. Enfin elle peut permettre de participer à l'appréciation du bien fondé des objectifs visés.

Nos champs d'intervention (qu'il s'agisse des changements de pratiques des agriculteurs, des pollutions diffuses, de la fourniture de services environnementaux telles que biodiversité ou paysage, ou encore de l'analyse des différenciations spatiales des territoires), impliquent aussi très régulièrement la mobilisation d'une information spatialisée et portant sur la maîtrise de systèmes d'information territorialisés et de référentiels de mesure partagés.

Ils portent sur l’analyse des conditions de l’application des politiques et sur leur efficacité (diagnostic, implication des acteurs locaux, coûts de mise en œuvre, zonages, compatibilité avec le contexte institutionnel), ainsi que sur les effets (dynamiques générées, efficacité environnementale).

Champs de recherche abordés :     

  • Analyse de la mise en œuvre et des impacts des politiques publiques (outils économétriques de mesure, articulation avec les logiques individuelles, rôle des institutions),
  • conception et organisation de l'action publique entre global et local. Couplage de modèles à différentes échelles,
  • efficacité et efficience des contrats,
  • rôle des indicateurs dans l'évaluation des politiques publiques.

Trois secteurs sont en particulier l'objet de travaux spécifiques : politique agri-environnementale, tourisme et activités récréatives, forêts.

Axe 3 : Enjeux environnementaux

Si le constat de risques environnementaux majeurs, affectant de manière différenciée divers territoires ou populations, paraît désormais devoir être mieux partagé, les voies politiques, économiques et sociales pour les surmonter sont encore en construction. Objets de controverses renouvelées, les enjeux environnementaux ont d’abord été discutés en opposition aux objectifs de développement économique, pour prendre aujourd’hui des configurations variables qui s’opposent entre elles : Faut-il développer la filière énergie ou privilégier la biodiversité en milieu forestier ? Favoriser le développement des éoliennes au titre de l’énergie renouvelable ou lutter contre lui au nom de l’intérêt paysager et de la sauvegarde de la faune aviaire ? Sur le plan agricole, il ne s’agit plus de produire moins et mieux mais de produire plus à nouveau, tout en préservant l’environnement. Ces tensions dévoilent que les enjeux environnementaux résultent d’une construction collective où notamment sont produites des normes et des nouvelles catégories d’action.

La caractérisation des changements et des problématiques environnementales, si elle relève des « sciences des milieux naturels », interroge aussi également les sciences humaines et sociales par le choix des paradigmes utilisés (indicateurs, modélisation…), la traduction des connaissances scientifiques en données d’expertise et en normes de gestion, les modes de régulation des problèmes environnementaux.

Pour en savoir plus

Champs d’investigation : Espaces littoraux et estuariens, Espaces montagnards, Espaces herbagers et pastoraux, Agriculture et eau, Biodiversité, Santé et environnement, Paysages, Espaces naturels protégés

La caractérisation des changements et des problèmes environnementaux, si elle relève des « sciences des milieux naturels », conduit à s'interroger également sur les modalités et les conditions de la production de connaissance scientifique, le choix des paradigmes utilisés (indicateurs, modélisation…), la traduction des connaissances scientifiques en données d’expertise et en normes de gestion. Les modes de régulation des problèmes environnementaux connaissent un essor important au travers du développement d’un édifice juridico normatif aux niveaux mondial, européen, national et local. Le caractère trans-territorial et trans-sectoriel des problématiques environnementales exige des coopérations multiniveaux de plus en plus complexes qu’il convient d’analyser (cf. axe 2).

Les actions mises en œuvre peuvent être évaluées en termes d’inégalités sociales et écologiques ou encore de territoires à enjeux environnementaux ou économiques prioritaires. Ainsi par exemple, l’adaptation aux objectifs des politiques publiques à visée environnementale a pu se faire aux dépens de « petits » producteurs dont les pratiques figuraient parmi les moins intensives.

En filigrane de la question du choix des types d’intervention publique, se pose la question de la rationalisation de l’intervention financière de l’État dans un contexte d'émergence de nouveaux enjeux collectifs et de limites budgétaires. Dans les territoires ruraux, le développement des activités récréatives et de loisirs, comme mode de valorisation et de financement de la préservation des aménités environnementales, mais aussi comme source de financement pour les autres enjeux environnementaux locaux est de plus en plus mis en avant. L’analyse de la demande pour l'exploitation et l'accès aux ressources naturelles, la préservation ou la conservation des aménités naturelles soulèvent ainsi deux questions majeures imbriquées : la première porte sur l’accès à leurs usages, l’autre concerne la relation entre les aménités qui peuvent faire l’objet d’usages combinés avec les autres enjeux environnementaux locaux.

Champs de recherche abordés :

  • Étude de la construction sociale des enjeux environnementaux. Inégalités sociales et environnementales. Analyse de la multifonctionnalité,
  • application aux trois domaines que sont les activités agricoles et forestières, les espaces spécifiques (dont la montagne et le littoral) et les activités de tourisme ou de loisir.

Partenariats

Institutionnels

  • L'unité MECF, qui regroupe les agents du TR DTAM localisés à Clermont-Ferrand, fait partie de l'UMR Metafort (Mutations des activités, des espaces et des formes d'organisation dans les territoires ruraux).
  • L'équipe AEMA, qui regroupe les agents du TR DTAM de Martinique, est intégrée au PRAM (Pôle de Recherche Agro-environnementale de la Martinique).

 Enseignement et formation

  • Universités (France et étranger), préférentiellement au niveau Master
  • Grandes Écoles d'Ingénieurs
  • Encadrement de post-doctorants, de doctorants et de stagiaires.

 Partenariats scientifiques en France

  •  avec les autres EPST, EPIC et autres Établissements Publics: INRA, IRD, INRIA, CIRAD, ONF, IFREMER, ONEMA.
  • avec les Grandes Écoles et Universités françaises : partenariats de recherche, menées en synergie avec les activités d'enseignement.
  • avec les réseaux et les groupes
    • Labex COTE (Bordeaux) et ITEM (Grenoble)
    • la SFER (Société Française d'Economie Rurale), la SFE (Société Française d'Evaluation), l'ASRDLF (Association de Science Régionale de Langue Française), l'AFA (Association Française d'Agronomie), l'AFPF (Association Française de Production Fourragère), l'AFS (Association Française de Sociologie).
    • le G.I.S. Alpes du Nord-Jura, GIS "Participation du public, décision, démocratie participative", ECOBAG (Environnement, Écologie et Économie du Bassin Adour-Garonne), le RRLA (Réseau de Recherche Littorale Aquitain), le Laboratoire d’écologie fonctionnelle (ECOLAB, UMR, Toulouse), le GRIL (Groupe de Recherches Interdisciplinaires Local - Alpes).

Partenariats internationaux

  • Universités : Yale, Université du Wisconsin à Madison, Université de Genève, Université d'Indiana, Land-Lab de la SSSA de Pise (en agronomie), l'Université du Québec à Rimouski (Canada ; sociologie), le laboratoire Seed (Arlon, Belgique ; sociologie).
  • Réseaux : PEER (Réseau d'organismes de recherche sur l'environnement pour une société durable ; membres autres que Irstea : ALTERRA The Netherlands, CEH United Kingdom, JRC-IES European Commission, NERI Denmark, SYKE Finland, UFZ Germany) ; IFSA (International Farming System Association) ; International Livestock Farming Systems Association (ILFS) ; Association internationale des Sociologues de Langue française, Réseau GAGILAU (Quels fleuves et estuaires pour demain ? Garonne-Gironde / Saint Laurent) ; Partenariats établis lors de projets européens (dont Wageningen, Newcastle, IAMO (Institut für Agrarentwicklung in Mittel- und Osteuropa, Saale)).

Partenariats d'appui/transfert aux opérateurs socioéconomiques

Office National des Forêts, Pôle de compétitivité Xylofutur, Groupement ECOBAG (Environnement, Écologie et Économie du Bassin Adour-Garonne), centre de recherche de Véolia CREED (Centre de recherches pour l'environnement, l'énergie et le déchet).

Contrats de recherche

Les principaux partenaires pour les contrats de recherche sont l'Union européenne, l'Agence Nationale de la Recherche, le Ministère chargé de l'agriculture, le Ministère chargé de l'environnement, le Ministère des Affaires étrangères, les Conseils Régionaux, les Établissements publics.

Unités de recherche

Contact

Nathalie Bertrand
nathalie.bertrand@irstea.fr
+33 4 76 76 27 42