Réduire la taille texte Rétablir la taille du texte par défaut Agrandir la taille du texte Partager cette page Favoris Courriel Imprimer

Sociologie

Contexte et axes

Nos recherches visent à éclairer les évolutions contemporaines des « politiques de la nature » et celles des sciences de l’environnement, ainsi que leurs interfaces.
Deux axes sont plus précisément développés.
Le premier porte sur les interactions entre le monde de la recherche académique et le monde des politiques publiques. Nous appuyant sur la sociologie des sciences et de l’expertise, nous analysons la contribution des chercheurs à la construction de l’action publique environnementale et à la constitution d’une capacité d’expertise sur les problèmes d’environnement : comment les chercheurs s’impliquent-ils dans la désignation et la formulation de ces problèmes ? Comment articulent-ils activités de recherche et activités d’expertise ? Symétriquement, nous étudions les effets sur les institutions de recherche et sur le métier de chercheur de l’inscription à l’agenda politique de nouveaux objectifs, comme ceux de préservation de la biodiversité et de paiement des services écosystémiques : quelles sont les modalités et la dynamique de pénétration et de diffusion de ces notions et de ces objectifs dans les laboratoires ? Comment influencent-ils la définition des sujets de recherche, le choix des instruments, l’établissement des partenariats et les carrières des chercheurs ? Dans cette perspective, nous suivons la mise en place de l’IPBES (Intergovernemental platform on biodiversity and ecosystem services), qui vise à être, dans le domaine de la biodiversité, l’équivalent du GIEC pour le climat.
 

Marquage d'une marmotte
Le deuxième axe concerne le renouvellement des principes et des dispositifs de l’action publique environnementale « en train de se faire ». Nous nous intéressons ici aux facteurs et aux modalités de ce renouvellement, à travers des travaux sur les évolutions des métiers de l’environnement ainsi qu’une étude approfondie du « travail de réforme » accomplie au quotidien par les personnes chargées d’élaborer les chartes dans les parcs nationaux : la logique participative qui sous-tend ces chartes est-elle l’occasion de renouveler les modalités de pilotage et d’action d’une politique publique initialement de conception « descendante » ? Comment éclairer les différences observées entre plusieurs territoires de parcs nationaux ? Nous analysons par ailleurs l’émergence de nouveaux dispositifs socio-techniques de suivi et de gestion des espèces, notamment animales et des milieux : quels sont les enjeux de ces dispositifs ? Quels débats soulèvent-ils ? Quels types de savoirs et de partenariats entre scientifiques et gestionnaires favorisent-ils et tendent-ils au contraire à exclure ?

Mesure d'empreintes de loup dans la neige

Approche pragmatique et enquêtes empiriques

Nous privilégions dans nos recherches une approche pragmatique des situations : nous cherchons à saisir comment les individus mobilisent et redéfinissent les catégories et les notions, comment ils construisent et négocient leurs positions, dans le cours des actions dans lesquels ils sont engagés. Nos travaux s’appuient sur une connaissance fine des situations de terrain et des réseaux d’acteurs, entretenue dans le temps par nos recherches et par notre participation à des instances nationales et locales de l’action publique environnementale. Cette connaissance est principalement acquise au travers d’enquêtes empiriques qualitatives, fondée sur des entretiens semi-directifs complétés par une analyse documentaire et une observation des pratiques. Cette posture nous amène à nous intéresser aux pratiques professionnelles, au contenu et aux évolutions des métiers des acteurs de l’environnement.

Projets récents ou en cours  

  • PAN-bioptique (2009-2012) : « les institutions émergentes de la biodiversité : inventorier, numériser, expertiser la nature », projet financé par l’ANR, coordonné par Céline Granjou.
  • GLO-rete (2009-2012) : Globalization and re-territorialization of environmental action in Europe: stakeholders, narratives, images, projet financé par le Fonds national Suisse, coordonné par Bernard Debarbieux (Université de Genève).
  • Index (2009-2012) : "L’indépendance des experts et ses problèmes dans le champ de la santé publique : expertises en pratiques et enjeux de communication ", projet financé par l’ANR et coordonné par Emmanuel Henry (IEP Strasbourg)
  • L’identification des freins à la constitution d’une expertise sur la biodiversité. Étude menée pour la Direction de l’Eau et de la Biodiversité (DEB) du MEEDDTL.
  • Approche sociologique d’une expérience grandeur nature de renouvellement de l’action publique territoriale : la mise en application d’une nouvelle loi sur les parcs nationaux.
  • Mise au point d’un modèle de diagnostic des interactions entre structures paysagères, infrastructures de transports terrestres et espèces emblématiques. Projet financé par le programme ITTECOP et coordonné par J-Michel Gaillard (CNRS-LBBE)

Réseaux et partenariats

Laboratoire PACTE, laboratoire Seed (Univerité de Liège), équipe RiTME et groupe SENS de l’INRA, Centre de Sociologie des Organisations, Zone Atelier Alpes, Labex ITEM, Laboratoire de Biométrie et Biologie Evolutive
Parcs nationaux, parcs naturels régionaux, MEDDTL, ONCFS, Conseil général de l’Isère

Présentation de l’équipe

  • Arnaud Cosson, sociologie des organisations, sociologie de l’environnement, renouvellement de l’action publique environnementale
  • Antoine Doré, docteur en sociologie, sociologie des sciences et des techniques, sociologie pragmatique, politiques de la nature
  • Céline Granjou, docteur en sociologie, sociologie de l’environnement, sociologie des sciences et de l’expertise, institutions et modes de connaissance et de gestion de la biodiversité
  • Isabelle Mauz, HDR en sociologie, sociologie de l’environnement, sociologie des sciences, institutions et modes de connaissance et de gestion de la biodiversité

Doctorants

  • Arnaud Cosson, doctorant Irstea,  IEP Paris, 2009-2013, Approche sociologique d’une expérience grandeur nature de renouvellement de l’action publique territoriale à travers l’analyse de la mise en application d’une nouvelle loi sur les parcs nationaux, et en particulier de l’élaboration des chartes qu’elle prévoit.
  • Clémence Massart, Irstea – INRA-RiTME, UPMF-ULG, 2009-2012, Analyse de l’émergence des zoonoses véhiculées par des tiques du genre Ixodes ricinus : le cas de la borréliose de Lyme.

Post-Doctorants

  • Michel Daccache, La science, le marché et la biodiversité. Place et rôle des chercheurs dans la “néolibéralisation de l’environnement”.

Publications choisies

  • Daccache, Michel (2011). La biodiversité, un lieu commun ? Dynamique identitaire d'un collectif de recherche en recomposition. Terrains et travaux, 18(1), 41-49.
  • Doré, Antoine. 2011. Des loups dans la Cité. Eléments d’écologie pragmatiste. Thèse de sociologie. Institut d’Etudes Politiques, Université de Liège.
  • Granjou, Céline, 2011, Integrating agriculture and biodiversity management: between green legitimisation and knowledge production, Sociologia Ruralis. vol.51, n°3, pp. 272-283.
  • Granjou Céline, Mauz Isabelle et Cosson Arnaud (2010) 'Le recours aux savoirs dans l'action publique environnementale : un foisonnement expérimental', Sciences de la société, n°79, 115-130.
  • Granjou Céline, Mauz Isabelle et Cosson Arnaud (2010) 'Les travailleurs de la nature : une professionnalisation en tension', SociologieS, décembre 2010.
  • Mauz Isabelle, Debarbieux Bernard et Granjou Céline. Cosmopolitization in action. Connecting levels of scale in International Environmental Organizations (IEOs). Global Networks. Accepté pour publication.
Consultez les autres publications de l’unité de recherche