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Observatoire du Glacier Blanc

Publié le 17/08/2018

Les mesures de bilan de masse du Glacier Blanc sont réalisées par le Parc National des Ecrins et Irstea. Cette série de mesure a débuté en 2000 à l’initiative du Parc National des Ecrins et est intégrée depuis 2018 au service d’observation GlacioClim de l’Observatoire des Sciences de l’Univers de Grenoble (OSUG ; https://glacioclim.osug.fr/). De par sa localisation dans les Alpes du Sud (44° 56’ de latitude), ce glacier est destiné, dans le réseau de glaciers dont le bilan de masse est observé annuellement, à remplacer le glacier de Sarennes en cours de disparition (http://www.irstea.fr/la-recherche/unites-de-recherche/etna/observatoire-du-glacier-de-sarennes).

Objectif scientifique

Les principaux objectifs scientifiques sont d’étudier la relation entre les variations climatiques et les bilans de masse glaciaires à partir de mesures de terrain, ceci afin de prévoir l’évolution future des glaciers en termes de ressources en eau et leur contribution à l’élévation future du niveau des mers. Il s’agit également de comprendre la réponse dynamique des glaciers (variations d’épaisseur, de longueur, de vitesse d’écoulement) aux fluctuations des bilans de masse et ainsi d'étudier les risques naturels d’origine glaciaire.

Le site expérimental

Le Glacier Blanc est un grand glacier de vallée situé dans le Massif des Ecrins (44° 56’ N; 6° 22’ E) dans les Alpes françaises. Il s’étend entre 4015 m d’altitude au Dôme de Neige des Ecrins et 2400 m à son front sur environ 5,5 km de longueur. Il se compose d’un vaste bassin d’accumulation orienté nord-est et de faible pente entre 3000 et 3400 m (au Col des Ecrins), lui-même alimenté par les pentes nord-est des Ecrins et sud-est de la Roche Faurio. Sa langue d’ablation orientée est et sud-est est entrecoupée par une vaste zone de séracs entre 3000 et 2600 m.

Sa surface (479 ha en 2014) a fortement diminué depuis le milieu du XIXe siècle, passant en effet de 1051 ha en 1853 à 784 ha en 1880, 659 ha en 1925, 595 ha en 1952 et 519 ha en 2003. Son épaisseur maximum actuelle est estimée à environ 300 m de glace en face du refuge des Ecrins d’après des mesures sismiques effectuées en 1969. Mais il a perdu localement plus de 170 m d’épaisseur depuis le début du XXe siècle. Sa longueur a également fortement diminué, avec une perte cumulée de plus de 2 km depuis 1815, date à laquelle son front, réuni avec celui du Glacier Noir, atteignait le Pré de Mme Carle à 1874 m d’altitude. Cette perte de longueur, assez régulière depuis les années 1990 (-23 m par an en moyenne) n’est cependant pas continue au long du XXe siècle où plusieurs épisodes de ré-avancée du front ont été observées, notamment dans les années 1890, 1920 et 1980 en raison de bilans de masse excédentaires qui ont occasionné une augmentation du volume du glacier.

Le protocole de mesure

L’observation comprend, sur une vingtaine de sites, les relevés de bilans de masse d’hiver, par carottages au mois de mai, qui quantifient l’alimentation annuelle en neige de l’hiver. Les bilans d’été sont mesurés plusieurs fois (3 visites en août, septembre et octobre) pour quantifier la perte de masse à l’aide de mesures de fonte à partir de balises qui sont insérées dans la glace. Des mesures de bilan de masse sont également réalisées en calculant les changements de géométrie du glacier à l’aide de photographies aériennes permettant de dresser des cartes précises (au 1/5000 voire 1/1000) du glacier (par photogrammétrie aérienne). Les bilans de masses ont aussi été reconstitués depuis 1904 à l’aide de cartes anciennes réalisées par des équipes universitaires et le Service Géographique des Armées (qui a donné naissance à l’actuel IGN).


Collaborations

Publications

  • M. Bonnefoy-Demongeot and E. Thibert (20018). A century of volume changes of Glacier Blanc (Ecrins Range, French Alps) from historical maps and aerial photogrammetry (2018). 21th Alpine Glaciology Meeting, 1-3 March 2018, Chamonix (France)
  • Thibert E., C. Vincent (2009). Best possible estimation of mass balance combining glaciological and geodetic methods. Annals of Glaciology, 50(50), 112-118. doi:10.3189/172756409787769546
  • Vincent, C., A. Fischer, C. Mayer, A. Bauder, S. P. Galos, M. Funk, E. Thibert, D. Six, L. Braun, and M. Huss (2017). Common climatic signal from glaciers in the European Alps over the last 50 years, Geophysical Research Letters, 44, 1376–1383, doi:10.1002/2016GL072094
  • Thibert, E., Dkengne Sielenou, P., Vionnet, V., Eckert, N. & Vincent, C. (2018). Causes of glacier melt extremes in the Alps since 1949. Geophysical Research Letters, 45. doi.org10.1002/2017GL076333
  • Thibert E. ; J. Faure et C. Vincent (2005) : Bilans de masse du glacier Blanc entre 1952, 1981 et 2003 obtenus à partir de modèles numériques de terrain. La Houille Blanche, n°2-2005, 72-78
  • Vincent C., E. Le Meur, D. Six et E. Thibert (2007). Un Service d’Observation des glaciers des Alpes Françaises « Glacioclim-Alpes », pour quoi faire ? La Houille Blanche, n°3-2007 doi10.1051/lhb:2007040, 86-95
  • Rabatel, A., J.-P. Dedieu, E. Thibert, A. Letréguilly and C. Vincent. 2008. 25 years (1981–2005) of equilibrium-line altitude and mass-balance reconstruction on Glacier Blanc, French Alps, using remote-sensing methods and meteorological data. Journal of Glaciology, 54 (185), 307-314. doi:org10.3189/002214308784886063

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