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Feu vert pour la Trame verte et bleue

Bocage Bourg d'Oisans © S. Pacyna

La dégradation et la fragmentation des habitats sont les principaux responsables de l’appauvrissement de la biodiversité. Ce processus risque de s’amplifier sous l’effet du changement climatique, et d'affecter des espèces, nos ressources et notre santé. Face à cette menace, la constitution d’une "Trame verte et bleue" s’est imposée aux acteurs du Grenelle de l’environnement comme l’une des réponses aux grands enjeux que représentent la protection et la restauration de la biodiversité.

La Trame verte et bleue, en quoi cela consiste ?

La Trame verte et bleue est une politique d’aménagement du territoire, dont l'objectif est d'enrayer l’érosion de la biodiversité attribuée aux effets négatifs de la fragmentation des habitats. Le terme fragmentation des habitats est employé lorsqu’un écosystème est coupé en plusieurs morceaux éloignés les uns des autres. La fragmentation est due à différents phénomènes :

  • construction d’infrastructures de transports (routes, voies ferrées...) et de barrages sur les rivières,
  • urbanisation,
  • destruction de haies, etc.

En préservant et/ou reconstituant les continuités écologiques, la Trame verte et bleue permet aux espèces animales et végétales de circuler pour assurer leur survie et s'adapter aux changements climatiques.

La Trame verte et bleue comprend dans son réseau des habitats terrestres et aquatiques, d’où son appellation. Elle se compose de deux éléments. Dans les réservoirs de biodiversité, zones considérées comme riches sur le plan de la biodiversité, les espèces trouvent les conditions nécessaires à leur cycle de vie (alimentation, abri, reproduction…). Les corridors écologiques sont les voies de déplacement empruntées par la faune et la flore entre les réservoirs de biodiversité. Ces liaisons sont essentielles à la survie de nombreuses espèces, car elles leur permettent d’effectuer les déplacements nécessaires à leurs cycles de vie. Elles favorisent aussi les flux de gènes. Les cours d’eau constituent à la fois des réservoirs de biodiversité et des corridors écologiques pour les espèces qui y vivent. La continuité écologique des cours d’eau se définit à la fois par la libre circulation des espèces et le libre transport des sédiments pour créer des milieux favorables à la vie aquatique.

Comment la Trame verte et bleue se met-elle en place ?

Irstea est devenu, depuis 2007, l'un des principaux interlocuteurs scientifiques du ministère en charge de l'environnement pour la mise en œuvre de la Trame verte et bleue en France. Cela s'est traduit par divers projets pilotés par l'Institut en collaboration avec l'Atelier technique des espaces naturels (Aten), la Fédération des parcs naturels régionaux de France (FPNRF), le Muséum national d'histoire naturelle (MNHN), l'Office national de l'eau et des milieux aquatiques (Onema), et l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS).

Plus concrètement, la Trame verte et bleue s’appuie sur une palette d’outils juridiques déjà existants, notamment en matière d’environnement :

  • Parcs nationaux de France
  • Réserves naturelles 
  • SDAGE (document de planification de la gestion de l'eau à l'échelle du bassin versant) qui lors de leurs révisions devront intégrer les continuités écologiques.

La mise en œuvre de la Trame verte et bleue se décline à trois échelles territoriales emboîtées :

  • L’échelle nationale : à cette échelle sont définies les orientations nationales qui servent de cadre à la mise en place du dispositif dans les territoires.
  • L’échelle régionale : c’est au niveau des régions qu’est cartographiée la Trame verte et bleue. Les enjeux écologiques régionaux sont également présentés. Le tout figure dans un document appelé Schéma régional de cohérence écologique (SRCE).
  • L’échelle locale : c’est à cette échelle que la Trame verte et bleue sera représentée de manière plus précise. Elle sera notamment retranscrite dans les documents d’urbanisme (SCoT, PLU). Tous les aménagements devront analyser leurs impacts sur la continuité écologique, les éviter, les réduire et s’il reste des impacts les compenser.

Initialement prévu pour être opérationnel fin 2012, le dispositif Trame verte et bleue est en bonne voie et sera finalisé courant 2014.

Et côté recherche…

La Trame verte et bleue suscite divers projets scientifiques à Irstea, ce dossier vous en présente 3 exemples :