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Restaurer la libre circulation des poissons dans les rivières

Cours d'eauBarrages, moulins, … constituent des obstacles à la libre circulation des poissons dans les rivières. Dans le cadre du projet de restauration de la continuité écologique des rivières du Parc naturel régional de la Haute Vallée de Chevreuse, les chercheurs d'Irstea suivent la qualité physique et biologique des milieux aquatiques. L'objectif de l'étude est de mesurer l'efficacité avant et après les travaux de restauration. Parmi les méthodes scientifiques mobilisées figure un dispositif innovant de suivi des poissons grâce à la télémétrie acoustique.

La Trame bleue a pour objectif de restaurer la continuité écologique dans la rivière, par, l’effacement des obstacles classés prioritaires tels certains seuils, barrages ou moulins qui jalonnent les cours d’eau. Ces obstacles ont des effets sur la qualité des habitats aquatiques :

  • ralentissement du courant et un dépôt de sédiments à l’amont
  • migration des poissons

Un inventaire réalisé en 2008 dans le Parc naturel régional (PNR) de la Haute Vallée de Chevreuse a révélé la présence de deux obstacles en moyenne par kilomètre de cours d'eau. Face à ce constat et en partenariat avec les acteurs locaux, le PNR a initié un projet de défragmentation de ses rivières. Les chercheurs du centre Irstea d'Antony ont été sollicités pour définir un protocole de suivi avant et après restauration.

Une espèce cible : la truite fario

"Le protocole que nous avons mis en place consiste en un suivi de la morphologie des rivières, de la température et de la hauteur d'eau et de la biologie (macroinvertébrés et poissons)", indique Céline Le Pichon, chercheuse en écologie et responsable du volet scientifique du projet. "Parmi les poissons indicateurs de la qualité des cours d'eau impactés par la présence d'obstacles, nous avons choisi la truite fario."

Cette espèce vit dans les eaux vives, froides et bien oxygénées. Au cours de son cycle de vie, elle remonte le courant pour se reproduire et les œufs sont pondus parmi les graviers. "Des inventaires réalisés à l'amont des moulins de Béchereau et d'Ors ont révélé l'absence de truites et de frayères (zones de ponte), alors que leur présence à l'aval respectivement sur les rivières de la Mérantaise et de l'Aulne est avérée", ajoute la scientifique. Ces deux obstacles constituent donc la limite amont de colonisation des truites, avec au-delà des habitats favorables au développement de cette espèce. La restauration de la continuité écologique des rivières du PNR concerne en priorité l'effacement de ces deux seuils.

Les truites sur écoute...

Pour étudier le déplacement des truites avant et après restauration, les scientifiques ont équipé trente spécimens d'émetteurs radio. Des récepteurs fixes placés au niveau des obstacles enregistrent les passages des poissons. La localisation est affinée par un suivi manuel hebdomadaire de chaque truite. Ce suivi "télémétrique" s'est déroulé du printemps 2012 au printemps 2013, permettant ainsi l'étude des déplacements des truites pendant et hors période de reproduction. L'expérience sera dupliquée après la restauration des rivières avec pour objectif l'étude des capacités des poissons à recoloniser l'amont des seuils. "Dans le domaine de l'évaluation de l'efficacité des actions en faveur de la Trame bleue, les données sont encore aujourd'hui peu nombreuses. Poursuivi sur le long terme, ce suivi permettrait d'en savoir plus sur la capacité des cours d'eau à revenir à un bon état écologique tant pour les poissons que pour la macrofaune aquatique", conclut Céline Le Pichon.