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Les incendies de forêt face aux impacts des changements globaux

© Nicolas Faivre

L’adaptation aux changements climatiques et au risque incendie passe par une meilleure connaissance de la dynamique des écosystèmes permettant de proposer des actions de gestion préventive ou des plans de réhabilitation adaptés. Un grand nombre de recherches conduites à Irstea visent à évaluer l'impact des changements globaux sur le risque.

Infographie

Cliquez pour voir l'infographie dans son intégralité (double zoom).

 

Impact sur l'aléa feu de forêt

Comment le risque incendie va-t-il évoluer dans les prochaines décennies?

Les simulations prévoient une augmentation du nombre de départs de feux et d’incendies d'interface dans la zone côtière, ainsi qu'un risque accru de grands feux dans les milieux d’arrière-pays et en moyenne montagne, jusqu'ici peu touchés. La saison à risque devrait s’étendre, quant à elle, tant au printemps qu’à l’automne, de 3 à 6 semaines d’ici à 2040.

 

Impact sur la végétation

Un feu isolé ne détruit pas la forêt, mais à partir du "4ème feu" en 50 ans, on constate la raréfaction d’espèces et de communautés essentielles au fonctionnement de l’écosystème, ainsi que la diminution du stock de matière organique et de sa qualité. Il faut alors attendre 50 ans pour observer une résilience des espèces végétales dominantes.

 

Avant l’incendie : des actions préventives afin de réduire la vulnérabilité des espaces forestiers

Evolution de la végétation : impacts du du changement climatique

Un modèle permet de suivre les adaptations de la flore méditerranéenne face au changement climatique. Ces scénarios prédictifs facilitent également le travail des décideurs pour définir leur politique à court et long terme.

 

Site de Fontblanche : compréhension des effets du changement climatique

Depuis 8 ans, Irstea suit une cinquantaine de résineux et de chênes vert sur le site expérimental de Fontblanche (Bouches-du-Rhône). Irstea simule notamment les effets du changement climatique sur la pluviométrie et la croissance des arbres en mettant en place des zones privées de 30 % de leur eau, d’autres auxquelles on ajoute 30 % d’eau, des zones témoins dont la disponibilité en eau n’a pas été modifiée.

Des échafaudages de 9 à 12 mètres ont été montés  afin d’accéder à la cime des arbres et étudier le développement des arbres du pied à la cime. Un modèle de simulation a été créé pour modéliser la réponse de la forêt au changement climatique.

 

Après l'incendie : impacts sur la biodiversité

Incendies et sécheresses répetés, une menace pour la forêt

Le feu est-il l’ennemi de la forêt méditerranéenne ou un facteur régulateur naturel de l’écosystème ? Les chercheurs ont analysé les effets de la répétition des incendies sur les écosystèmes forestiers.

 

Le chêne liège et le pin d'Alep sous haute surveillance

Le chêne liège et le pin d’Alep sont 2 espèces très résistantes aux incendies et résilientes du fait de leurs capacités de régénération. Pourtant, ces 2 arbres emblématiques du pourtour méditerranéen présentent des premiers signes de dépérissement.

 

Un guide pratique sur le pin d'Alep

Souvent associée aux incendies destructeurs, cette espèce est notamment capable de se régénérer après le passage du feu. Un guide pratique, paru aux éditions Quae, lui est consacré.

 

L'ingénierie écologique prône la biodiversité

Dans la forêt de Saint-Mitre-les-Remparts dominée par le pin d'Alep, l'équipe de Bernard Prevosto tente de retrouver la diversité perdue en réimplantant des feuillus.

 

Logiciel Postfire-DSS : agir dans les forêts après l’incendie

Et lorsque le feu a détruit la forêt, que faut-il faire ? Un logiciel d’aide à la décision a été développé dans le but de fournir aux gestionnaires des pistes d’action concrètes : l’écosystème peut-il se restaurer naturellement ? Si oui, quelle en sera la composition probable et sous quel délai ? Sinon, quelles espèces faut-il introduire et quelles sont les techniques de restauration à privilégier ?

"Les outils d’aide à la décision comme celui-ci - développés dans le cadre du projet de recherche européen FUME - expliquent comment obtenir des structures forestières moins inflammables, pour la plupart des peuplements, notamment des résineux dont la gestion est complexe, des peuplements forestiers plus résistants face au feu, et se régénérant mieux après le passage du feu.  Nous avons, par exemple, montré comment transformer des peuplements de pins en forêt mélangée pin et chêne blanc pour limiter les risques à long terme", explique Thomas Curt, ingénieur-chercheur à Irstea.

Le logiciel Postfire-DSS a été pensé comme un outil standard à l’échelle européenne, décliné dans chaque pays. La version française a été développée par les équipes d’Irstea d’Aix-en-Provence et est déjà utilisée par des gestionnaires et élus. Des améliorations sont toujours en cours.

 

Impact de l’occupation des sols sur le risque incendie de forêt

Le changement d'occupation du sol impacte l'aléa incendie, mais surtout la vulnérabilité des sociétés en cas de sinistre (périurbanisation et développement des interfaces). Les dynamiques urbaines augmentent les risques d'ignition (négligence, malveillance, sur fréquentation des massifs), mais exposent fortement les résidents à l'incendie (vulnérabilité). Des règles d'aménagements (organisation spatiale des interfaces, espèces à utiliser) et de pratiques sont définies pour limiter cette vulnérabilité.

Par ailleurs, un outil d'aide à la planification (module supplémentaire du logiciel d'aide à la décision WUImap) pour placer des nouveaux bâtis dans une zone à urbaniser par le Plan Local d'Urbanisme (PLU) et réaliser de nouvelles cartes d'interfaces en "dynamiques" est en cours.