Vous êtes

Sélectionner

Réduire la taille texte Rétablir la taille du texte par défaut Agrandir la taille du texte Partager cette page Favoris Courriel Imprimer

Nos déchets : de l’or dans nos poubelles

Dans notre cuisine, au travail, dans la rue, les poubelles ne sont jamais loin pour répondre à nos besoins ! Avant tout collectés pour des questions d’hygiène, avec les arrêtés du préfet Eugène Poubelle à la fin du XIXe siècle, nos déchets depuis n’ont cessé de croître. Aujourd’hui, la problématique a changé : il faut réduire nos déchets, car leur masse menace l’environnement à long terme.

À Irstea, les scientifiques réfléchissent aux moyens de les valoriser comme ressources à toutes les étapes de la filière de gestion, l’incinération exceptée. Ils développent ainsi une vision pragmatique de la gestion des déchets (en particulier ménagers et agricoles) en réponse aux besoins des collectivités et des entreprises.

En effet, en France chaque territoire est à même de choisir le système de gestion des déchets qui lui est le plus adapté en fonction des déchets produits et des particularités du territoire. Les équipes d’Irstea, ayant pour mission d’éclairer les collectivités locales dans leurs décisions de gestion et travaillant en partenariat avec des entreprises, mènent des recherches sur les différentes filières de traitement des déchets ménagers et agricoles. Chacune de ces filières fait appel à des processus chimiques ou biologiques complexes qui varient en fonction du type de déchet traité.

 

Le compostage ou filière aérobie est aujourd’hui l’un des processus de valorisation des déchets le plus connu. Réalisé à partir de déchets organiques (résidus d’origine végétale ou animale), ce procédé résulte de leur dégradation par l’action combinée de bactéries (micro-organismes) et d’oxygène. Le produit obtenu est un composé peu odorant et utilisé dans la fertilisation des sols.

 

 

La production de biogaz s’inspire du processus de digestion des ruminants. La méthanisation est la dégradation de résidus organiques par des bactéries dans un espace confiné et sans oxygène. De cette décomposition s’échappe un biogaz composé de méthane et de dioxyde de carbone qui peut être ensuite utilisé comme source énergétique.

 

À l’issue et en marge de ces traitements subsistent un certain nombre de déchets qui doivent être gérés et dont il faut limiter l’impact polluant sur les sols et l’environnement. Si le stockage est voué à disparaître, la présence des zones de stockage reste une réalité environnementale qu’il faut traiter et évaluer. Les équipes de recherches d’Irstea travaillent sur ces questions selon une approche technique et socio-économique. Dans les installations de stockage des déchets, les matériaux géosynthétiques protègent des pollutions. Des études sont menées afin d’étudier le comportement de ces barrières de protection au cours du temps. 

Par ailleurs, gérer ces installations c’est aussi développer calculs et réflexions pour dissuader l’inflation de production de déchets. Ainsi, des économistes se sont interrogé sur l’évaluation du coût environnemental du stockage des déchets et sur la mise en application d’une redevance incitative afin que les coûts de gestion des déchets soient portés par ceux qui les produisent.

Enfin, chacune de ces filières de traitements des déchets est analysée sous l’angle de son impact environnemental. À cet effet, les chercheurs développent des méthodes d’analyse du cycle de vie dont le principe consiste à mesurer les impacts environnementaux (pollution de l’air, de l’eau, du sol, consommation d’énergie, émission de gaz à effet de serre, etc.) associés à toutes les opérations de gestion des déchets.
Irstea est l’un des rares organismes de recherche qui depuis plus de 30 ans conduit des recherches et des expertises sur le traitement des déchets ménagers et agricoles, une position privilégiée que ce dossier entend refléter.
 
Chiffres clés
  • Près de 800 millions de tonnes de déchets produits chaque année en France
  • Les déchets organiques (biodégradables) en représentent 400 MT, dont 300 MT de déchets agricoles 374 kg d’ordures ménagères et assimilés produits en France par habitant et par an
Source ADEME 2012

Télécharger le pdf du dossier