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Avalanche de neige poudreuse : une avalanche difficile à maîtriser

Avalanches de neige poudreuse. © M. Bonnefoy-Demongeot / Irstea

Évaluer le risque que représentent les avalanches nécessite de bien connaître les mécanismes physiques de leur formation et de leur écoulement. Parmi les objectifs des scientifiques d’Irstea : élucider ces processus dans le cas des avalanches poudreuses pour mieux anticiper le risque engendré par ces écoulements volatiles et difficiles à contenir.

Très spectaculaires, les avalanches de neige poudreuse sont constituées de particules de neige et de glace en suspension dans l’air qui forment un nuage pouvant atteindre 50 à 100 m de haut. D’où le nom qui leur est parfois donné d’avalanche en aérosol. Si elles développent des pressions plus faibles (1 à 5 t/m2) que les avalanches denses (jusqu’à 100 t/m2) sur les obstacles qu’elles rencontrent, elles sont en revanche capables de parcourir de plus longues distances, voire de remonter le versant opposé. Les dispositifs de protection paravalanches comme les digues permettent de stopper les avalanches denses, mais pas les avalanches poudreuses…

L’enjeu en termes de prévention du risque est donc :

  • de réduire l’énergie de ces avalanches ;
  • de s’assurer que le risque qu’elles constituent n’est pas augmenté lors du franchissement des dispositifs de protection (on parle de risque résiduel).

Un chaînon manquant pour expliquer les avalanches poudreuses

Dans ce but, les scientifiques d’Irstea visent à mieux connaître les mécanismes de formation de ces avalanches volatiles si difficiles à contenir. « De manière générale, une avalanche poudreuse se crée au dessus d’une avalanche dense dont la vitesse est telle que des particules de neige sont arrachées et mises en suspension. L’avalanche se compose alors d’une partie inférieure dense et d’une partie supérieure poudreuse », explique Florence Naaim, chercheuse au sein de l’unité Erosion torrentielle neige et avalanche du centre Irstea de Grenoble. « Grâce aux mesures de terrain réalisées sur le site expérimental du Col du Lautaret et aux expérimentations menées en laboratoire sur des modèles réduits, nous savons reproduire les écoulements denses et poudreux, individuellement. En complément, nous développons des modèles numériques qui nous permettent de reproduire l’avalanche dans son ensemble. Notre objectif aujourd’hui est de mieux identifier les mécanismes physiques en jeu dans la zone d’interface entre les 2 couches (dense et poudreuse), afin d’obtenir des modèles encore plus proches de la réalité. »

Sur la piste du vent

Ainsi, dans le cadre de collaborations internationales, plusieurs hypothèses sont actuellement étudiées. Parmi elles : l’arrachement et la mise en mouvement des particules de neige par des mécanismes similaires à ceux générés par la force du vent. En installant, au sein des écoulements, des capteurs spécifiques de l’analyse du transport de la neige par le vent, les scientifiques ont montré que les processus en jeu dans la formation de l’avalanche poudreuse ne sont pas purement analogues à ceux générés par le vent, comme on pouvait l’envisager. Ces résultats, même s’ils impliquent de nouvelles investigations, s’avèrent fondamentaux pour améliorer la connaissance des avalanches poudreuses et mieux prendre en compte leurs caractéristiques dans la gestion du risque. Des travaux à suivre…

 

 

En savoir plus

Consulter la page de l’unité Erosion torrentielle neige et avalanche (ETNA) et du centre Irstea de Grenoble