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Risque d’avalanches, la recherche veille

Bouffée de densité dans le bassin noyé © H. Raguet / Irstea

En 1970, une avalanche tue 39 personnes dans un centre de vacances de Val d’Isère. De phénomène naturel dangereux, mais inhérent au domaine montagnard en hiver, cet accident déclenche une véritable prise de conscience du risque encouru par les hommes et renforce la nécessité de perfectionner les moyens de prévention et de protection face aux avalanches. Depuis le lancement du plan neige, dix ans auparavant, l’anticipation et la prévention des phénomènes avalancheux sont une priorité.

Dans les années 1970, la recherche française dans ce domaine se structure en Rhône-Alpes autour de 3 organismes :

  • Le Centre d’Etude de la Neige de Météo France travaille à l’étude de la stabilité du manteau neigeux et à la prévision du risque d’avalanches.
  • Irstea (à l’époque Cemagref)  travaille sur la dynamique des écoulements et l’étude des interactions avec des obstacles.
  • L’ANENA (Association nationale pour l’étude de la neige et des avalanches), enfin, a la double mission de sensibiliser et former les pratiquants de la montagne hivernale et de rassembler les différents acteurs concernés par la prévention du risque d’avalanches (scientifiques, techniciens, professionnels, élus…).

Cartographies et base de données

Première tâche de la division Nivologie de l’institut : réaliser une cartographie inventaire des avalanches. La France dispose déjà d’une base de données exceptionnelle : l’Enquête permanente sur les avalanches (EPA), relevé systématique des avalanches observées sur près de 4000 couloirs des massifs alpins et pyrénéens depuis 1889. Pour compléter cet outil, en 1971, l’État charge le CTGREF et l’IGN de créer la carte de localisation des phénomènes d’avalanches (CLPA) : un enregistrement des limites extrêmes des avalanches dans les massifs alpins et pyrénéens français pour lesquelles des témoignages oraux ou écrits, des illustrations et autres photos ou bien encore des traces sur le terrain existent. 

40 ans après, l’unité de recherche d’Irstea rebaptisée entre temps "Erosion torrentielle, neige et avalanches" (ETNA) conduit des travaux fondamentaux dans les domaines de la mécanique des fluides, de la statistique, de la géomorphologie… appliqués aux avalanches et a acquis un statut d’expert sur ces sujets.

Le questionnement de départ, simple en apparence "Comment se protéger des avalanches ?", s’est rapidement décliné en problématiques scientifiques complexes : Comment, où et à quelle fréquence des avalanches se déclenchent-elles ? Une fois que l’avalanche est partie, comment et jusqu’où s’écoule-t-elle ? Peut-on dévier ou arrêter une avalanche, et comment ? Quelle vitesse, quelle hauteur, quelle pression exerce-t-elle sur les enjeux menacés (bâtiments et autres infrastructures) ? Quelle est la résistance de ces enjeux et comment peut-on l’améliorer ? Les travaux de recherches doivent appréhender le phénomène dans sa dimension physique, géographique, historique…

À différentes échelles, les avalanches sont traduites sous forme d’équations mathématiques, reproduites via les prototypes expérimentaux, étudiées en vraie grandeur sur le terrain… toujours dans l’objectif d’améliorer les outils de prévention du risque.