Mieux gérer les digues face au risque d’inondation
Irstea pilote depuis 2009 le projet DIGSURE, en collaboration avec des partenaires publics et privés, pour aider les gestionnaires de digues de protection à identifier les priorités en matière d’entretien des quelques 10 000 km de ce type d’ouvrage répertoriés le long des cours d’eau et du littoral en France.
Certaines grandes crues ou tempêtes, à l’instar de Xynthia en février 2010, rappellent brutalement combien la rupture ou la submersion des digues peut entrainer des conséquences humaines et économiques importantes.
Construites en terre, en pierres ou en béton, les digues fluviales se distinguent des autres ouvrages, tels les barrages, par leur grande longueur - jusqu’à plusieurs dizaines de km linéaires - et la grande hétérogénéité de leur modes de gestion - nombreux propriétaires, parfois inconnus, édifices datant parfois du moyen-âge... Le contrôle de l’ensemble de ces ouvrages, la définition des priorités d’inspection, de maintenance et de réparation afin d’assurer la sécurité des zones sensibles, s’avère donc encore difficile.
Performance de protection, anticipation des conséquences : une approche pluridisciplinaire du risque
Forts de plus de 20 ans de recherche et d’expertise sur les risques liés aux barrages et aux digues fluviales, les scientifiques d’Irstea collaborent depuis 2009 au projet DIGSURE, dont l’objectif est produire des outils basés sur des indicateurs pour optimiser la gestion de l’inspection et de l’entretien des digues. Original, ce projet réunit pour la première fois, experts scientifiques des digues, sociologues et économistes autour d’un même objectif : limiter les risques encourus en optimisant cette gestion. Ce projet se structure autour de 3 axes : le premier aborde la performance des ouvrages, qui permet de qualifier leur efficacité, leur résistance à l’érosion, à la submersion et aux autres modes de rupture. Porté par les équipes Irstea, cet axe associe une expertise hydraulique (pour qualifier les niveaux atteints sur les ouvrages), à une expertise plus géotechnique liée à la résistance de l’ouvrage lui-même (savoir jusqu’à quel niveau d’eau "il tient" et reste performant). Pour l’heure, les scientifiques s’attachent à affiner le diagnostic des digues, en prenant en compte les incertitudes.
Le deuxième axe concerne la vulnérabilité des zones protégées par les digues. L’étude permettra de décrire, en termes sociologiques, environnementaux et économiques, les conséquences que peuvent avoir les inondations par rupture de digues.
Le troisième axe consiste à intégrer les indicateurs de performance et de vulnérabilité ainsi développés, dans un outil à base de système d’information géographique.
Celui-ci calculera les risques associés à chaque rupture de digues, permettant ainsi de cartographier les « tronçons » de digues les plus dangereux et de prioriser les interventions de maintenance. L’ensemble des outils produits dans le cadre de DIGSURE constituera une aide précieuse pour les gestionnaires et les collectivités locales concernées, une telle approche pouvant également être ultérieurement transposée aux digues maritimes
Contact scientifique
Irstea Aix-en-Provence
Rémy Tourment
Tél. 04 42 66 99 49
Ce projet (2009-2012) associe la Société du canal de Provence, l’UMR DESMID du CNRS, la société G2C et le SYMADREM (Syndicat mixte interrégional d’aménagement des digues du delta du Rhône et de la mer), en tant que futur utilisateur. Il est cofinancé
par la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur.


















