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COMMUNIQUE DE PRESSE
16 mai 2017 à Grenoble

Incendies de forêt
Mieux définir les zones et périodes à risque

Les forêts des Alpes Françaises ont une particularité, elles jouent un rôle de protection contre les aléas naturels.  Une étude menée par Irstea et l’Université de Grenoble montre que les feux de forêts sont plus fréquents, plus intenses et plus étendus depuis 1959 pouvant affecter cette capacité de protection. Les chercheurs d’Irstea analysent de près les évènements passés pour mieux définir les zones vulnérables dans les Alpes françaises afin d’accompagner collectivités, gestionnaires forestiers, pompiers, vers des stratégies de lutte adaptées à ces évolutions.

L’originalité de ces travaux ?
Analyser l’évolution des feux de forêt dans les Alpes Françaises sur presque 60 ans en s’appuyant sur l’indice forêt-météo [1] développé par Météo-France  à  un pas de temps journalier et une échelle spatiale fine (25m), en croisant ces données aux occurrences d’incendies de forêts depuis 1973 dans les Alpes du Sud, et depuis 2006 dans les Alpes du Nord ; ce qui n’avait jamais été fait auparavant.

Utilisation de ces résultats ?
Informer les gestionnaires publics, et particulièrement les forestiers des points de danger incendie actuels. Elle est aussi utile aux pompiers pour prévenir les incendies et pré-positionner leurs forces de lutte dans les massifs à risque pendant les périodes de danger. L’enjeu est désormais d’analyser l’impact de l’évolution des incendies sur la capacité de protection des forêts.

Carte de l’indice d’humidité des combustibles fins (FFMC). Les fortes valeurs de FFMC correspondent aux conditions les plus sèches. Concernant la tendance linéaire observée sur la période 1959-2015, plus la pente est élevée et plus l’augmentation de l’aléa incendie est élevée. Source : Dupire et al. (2017). Science of the Total Environment.
Inédit - définition des types de temps favorables aux grands incendies en France
En France, les grands incendies, d’une taille supérieure à quelques centaines d’hectares, représentent seulement 3% du nombre total d’incendies recensés mais 95% des surfaces brûlées. Ces évènements rares sont généralement les plus intenses et les plus dévastateurs. Il devrait augmenter avec la combinaison de conditions chaudes, très sèches et de vents forts prédite par les modèles climatiques. Les chercheurs d’Irstea, du Cerege et de l’Université de Lisbonne ont défini pour la première fois les types de temps favorables aux grands incendies en France. Ils sont favorisés par 2 circulations atmosphériques d’altitude spécifiques :
  •  gouvernés par le vent : liés à la présence d’un fort anticyclone atlantique qui génère du vent violent (mistral) et dessèche rapidement la végétation. Ces incendies sont plus fréquents et se propagent rapidement (plus de 120 ha).
     
  • contrôlés par la chaleur : liés à un blocage de la circulation dû à un renforcement de l’anticyclone des Açores, entrainant de fortes augmentations des températures, en particulier dans l’ouest de la région. Ces incendies se propagent plus lentement mais avec une forte intensité comme les feux exceptionnels de 2003.
Les grands incendies « gouvernés par le vent » ont tendance à diminué depuis 1973, en raison de stratégies de préventions et de lutte surement plus efficaces. Les conditions météorologiques propices aux grands incendies « contrôlés par la chaleur » augmentent sous l’influence du changement climatique. On peut donc redouter ce type d’incendie très intense et très difficile à combattre si les tendances actuelles et les prédictions des modèles climatiques se confirment. Au stade de recherche, cette approche en complément de l’indice météo-forêt, permettrait de prédire les  périodes à risque de grands feux quelques jours à quelques semaines avant leur occurrence.
[1] Indice Forêt-Météo : Ces indices montrent les variations de l’humidité de différents végétaux (herbes, litière, branches fines) et donc leur probabilité d’ignition, puis de propagation et d’intensité du feu. Ils sont calculés à partir des observations météorologiques (pluie, température, vent, humidité de l’air) et calibrés par des mesures de terrain.
Quelques chiffres clés sur le risque incendie de forêt
En savoir plus :
  • Télécharger la synthèse de presse "Risque incendie: recherche et expertise pour mieux prévenir et gérer durablement les feux de forêt" en cliquant ici ( PDF - 437 Ko)
  • Consulter le dossier web "Incendies de forêt, la recherche sous le feu de l'action" en cliquant ici.
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