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Bilan 2017 de la valorisation et du transfert à Irstea : des voyants tous au vert

Paillis artificiel issu d’une collaboration entre Irstea et la start-up inOvinéa © P. Rosique / Irstea

05/06/2018

Dans sa lettre d’information Bilan Valorisation/transfert 2017, Irstea fait le point de ses actions et promeut ses technologies transférables pour susciter de nouveaux partenariats.

S’adressant à ses partenaires actuels et futurs, acteurs de l’innovation et entreprises, Irstea vient de publier le bilan de ses actions de valorisation et de transfert de l’année 2017. Ce bilan met aussi en avant des technologies spécifiques d’Irstea, particulièrement prometteuses et adaptées au transfert industriel et à la création de nouveaux partenariats ; cette année, l’accent est mis sur la gestion des risques naturels.

Retour sur ce bilan et les perspectives avec Véronique Vissac-Charles, directrice adjointe de la Direction de l’innovation, de la valorisation et de la contractualisation d’Irstea, en charge de la valorisation et du transfert.

 

Tous les chiffres du bilan 2017 sont en hausse, et notamment le nombre de brevets et d’extension de brevets qui a doublé en un an. Comment expliquez-vous cette progression ?

Véronique Vissac-Charles : Le portefeuille de propriété intellectuelle d’Irstea s’est en effet considérablement développé, tant en quantité qu’en qualité. C’est le résultat d’un travail initié depuis plusieurs années pour sensibiliser et accompagner les chercheurs dans la démarche de valorisation et notamment de protection de la propriété intellectuelle de leurs travaux. S’en est suivie une évolution culturelle qui se traduit aujourd’hui par une plus forte implication des chercheurs dans la démarche et une orientation vers des projets de plus en plus innovants.

La progression s’explique aussi par le renforcement de notre stratégie de travail en réseau avec les structures dédiées à l’innovation, comme les sociétés d'accélération du transfert de technologies (SATT). Par le financement conséquent et les compétences qu’elle nous apporte, la collaboration avec les SATT Grand Centre, AxLR et Ouest Innovation a littéralement boosté le dépôt de brevets et surtout leur extension à l’international, démarche très couteuse et pourtant indispensable à l’attractivité d’un brevet. Au-delà, les SATT nous aident à accompagner les projets dans les étapes de maturation et du transfert industriel (voir la lettre d’information), nous permettant ainsi d’intensifier nos actions à toutes les étapes de la chaîne de valorisation.

En 2017, l’intensification des relations avec les PME/TPE se confirme. Comment ce rapprochement se traduit-il et pourquoi l’encourager ?

Véronique Vissac-Charles : Le rapprochement s’illustre, d’une part, par le nombre croissant de brevets déposés en copropriété avec des PME/TPE (plus de la moitié des brevets déposés en 2017), et d’autre part, par des transferts de technologies réalisés presque exclusivement vers ces entreprises. Nous avons renforcé ce type de partenariat car il conduit à des retombées rapidement mesurables en termes de création d’emplois. 39 emplois ont ainsi été créés suite au transfert de licences récentes d’Irstea à trois sociétés : Emeraude, spécialisée dans la fabrication de composteurs innovants, Biomae et Greentropism, deux spin-off d’Irstea, qui proposent respectivement des outils de bio-surveillance de la qualité de l’eau et des outils d’analyse par spectroscopie proche infrarouge de la matière organique (boues d’épuration, déchets...).

En s’orientant vers les PME/TPE, Irstea entend inscrire son activité de valorisation dans la durée, en anticipant dès que possible le transfert et en l’accompagnant à travers une relation de long terme avec les entreprises. Ce partenariat durable permet à des PME/TPE qui ne disposent pas de dispositifs internes de R&D de rester compétitives en matière d’innovation et in fine de créer de nouveaux emplois.

Pouvez-vous citer deux exemples de valorisation marquants en 2017 ?

Véronique Vissac-Charles : Le transfert de la technologie Picore à la société allemande SIKA, par exemple, est une des belles réussites menées avec la SATT AxLR. L’industrialisation de cet outil, qui permet d’optimiser la pulvérisation agricole pour limiter l’impact des produits phytosanitaires, a démarré en 2017 et déjà, 10 000 unités ont été vendues... Autre exemple remarquable : la technologie Biorare qui repose sur l’utilisation des déchets organiques pour fabriquer des molécules d’intérêt pour l’industrie chimique. Plusieurs brevets sont en cours de dépôt, dont trois en copropriété avec des partenaires du projet (Suez notamment). Nous croyons beaucoup en cette technologie totalement innovante ; des discussions sont en cours avec la SATT AxLR en vue d’accompagner sa maturation.

Sur quoi vont porter les efforts de la politique de valorisation en 2018 ?

Véronique Vissac-Charles : Nous disposons maintenant d’un portefeuille de technologies solide et de qualité, que nous allons continuer à développer. Mais nous allons particulièrement concentrer nos efforts sur la maturation des technologies (développement vers des TRL1 élevés) et leur transfert industriel. Pour être aidés dans cette démarche, nous voulons étendre notre réseau vers d’autres acteurs de l’innovation du territoire, et notamment initier des partenariats avec d’autres SATT, comme LINKSIUM à Grenoble et PULSALYS à Lyon avec lesquelles des discussions sont en cours.

En savoir plus

1 - L’échelle TRL (Technology Readyness Level) désigne le degré de maturité d’une technologie ; elle s’étend de TRL 1 à TRL 9.