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Oséo : Des gammares, un prix et une start-up !

© Prix Oséo Création d'entreprises innovantes

12/06/2013

Un projet de mesure de la qualité de l’eau porté par une équipe de chercheurs Irstea, du centre de Lyon : lauréat du prix Oséo Emergence Entreprise 2013.

Trois chercheurs du centre Irstea de Lyon, porteurs d’un projet innovant de diagnostic et suivi de la contamination chimique et de la toxicité des cours d’eau, ont vu leurs efforts récompensé au Prix Oséo Emergence Entreprise 2013. Lauréat du concours national d'aide à la création d'entreprises innovantes dans la catégorie projets "en émergence", le projet BioMA-monitoring (Bioessai in situ pour le diagnostic des Milieux Aquatiques) a reçu une subvention et un transfert de savoir-faire devrait bientôt être opéré vers une entreprise.

À l’initiative du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche en partenariat avec l’entreprise publique Oséo, ce concours vise à faciliter la maturation de projets d’entreprises, grâce à une valorisation des recherches menées et à des subventions pouvant aller jusqu’à 45 000 euros. Cette 15e édition a ainsi primé Olivier Geffard, Guillaume Jubeaux et Arnaud Chaumot, tous trois chercheurs au sein du laboratoire d’écotoxicologie Irstea de Lyon.

Des gammares à la loupe : le projet BioMA-monitoring

Encagement de gammares en eau peu profondeLe projet s’inscrit dans le cadre de la Directive cadre européenne sur l’eau (DCE) qui demande aux gestionnaires des milieux aquatiques d’établir un diagnostic de l’état des masses d’eau, soumises à de nombreuses pollutions (industrielles, urbaines, agricoles,…) afin d’atteindre le « bon état écologique » d’ici 2015.

Pour ce faire, le développement d’outils d’évaluation et de surveillance génériques est nécessaire. Ils fourniront des indicateurs qui permettront de faciliter l’identification des causes des pollutions et des dégradations. De remonter à la source, en somme.

Les chercheurs d’Irstea utilisent comme bioindicateurs les gammares1, petites crevettes d’eau douce très communes dans les rivières et cours d’eau et faciles à capturer. Après immersion dans des cages, ils observent les niveaux de contamination en polluants prioritaires et les effets toxiques engendrés sur les organismes. 

L’étude s’est organisée en 3 étapes :

  • l’exposition des gammares sur le terrain (encagement) ;
  • l’observation et analyse de l’impact de la pollution des eaux sur leurs fonctions vitales (bio-accumulation et marqueurs de toxicité) ;
  • et la définition de valeurs de référence (standard) de 37 contaminants classés prioritaires par la DCE (cadmium, plomb, mercure, lindane, DDTs et hydrocarbures aromatiques polycycliques), et plusieurs marqueurs de toxicité (reproduction et taux d’alimentation), au-delà desquels une contamination biodisponible et/ou une toxicité des milieux étudiés sont respectivement mis en évidence. Autrement dit, il s’agit de déterminer la fraction contaminante de ces micro-polluants susceptible d’exercer une pression toxique sur les milieux aquatiques et les organismes vivants, tels les gammares.

30 000 euros et un incubateur

Grâce à ce prix, Olivier Geffard, porteur du projet pour l’équipe de chercheurs, va percevoir 30 000 euros de subvention afin de financer les études de marchés et juridiques, avant le transfert de technologie à l’entreprise en création. Car le projet est déjà en bonne voie : il fait l’objet depuis le 21 mai 2013 d’un projet d’entreprise en incubation auprès de Créalys, incubateur régional lyonnais ! L’entreprise pourra répondre aux sollicitations croissantes des acteurs publics et privés de l’eau et créer de l’emploi, en proposant une offre de services pour le diagnostic et le suivi de la contamination chimique et de la toxicité des cours d’eau.

1 L’espèce utilisée, Gammarus fossarum, est largement présente dans les cours d’eau français et européens.

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