Réduire la taille texte Rétablir la taille du texte par défaut Agrandir la taille du texte Partager cette page Favoris Courriel Imprimer

Plan d’action conjoint entre l’US Geological Survey (USGS) et Irstea

18/02/2013

Irstea renforce sa collaboration scientifique avec l’USGS, l’une des plus vieilles organisations scientifiques américaines dépendant du « Departement of the Interior ».

À Reston, en novembre 2012, une délégation de 12 scientifiques de l’institut, conduite par son président Jean-Marc Bournigal, a rencontré les chercheurs de l'USGS autour de 4 thématiques :

  • Écotoxicologie et chimie environnementale
  • Transport de sédiments et géomorphologie
  • Hydrologie en bassins versants non jaugés
  • Écologie terrestre et impact du changement global sur les forêts et la végétation

Le principal objectif de ce colloque scientifique était de structurer les actions de coopération en cours et d’ouvrir à de nouvelles thématiques sur des champs communs de recherche finalisée.  

À la suite des différents ateliers, 4 feuilles de route ont été finalisées. Elles précisent les actions de collaboration à court et long terme, et les moyens à mettre en œuvre. Et, un second séminaire est prévu en France début 2014. Il permettra de faire un bilan sur les actions engagées et d’ouvrir à de nouvelles thématiques scientifiques.

Pour plus d’informations : Névine Kocher, Direction des Relations Internationales.

Consulter également le site de l’USGS

Les 4 thématiques en quelques mots : Interviews de nos scientifiques

Atelier :  Chimie environnementale et écotoxicologie

Une collaboration est bien établie depuis plusieurs années avec l’équipe écotoxicologie de Lyon : récemment deux chercheurs de l’USGS ont participé à une étude coordonnée par Irstea portant sur les PCB et la contamination des poissons dans le cadre du plan Rhône. Ce séminaire nous a offert l’opportunité de travailler à l’élaboration d’une programmation commune, et plus généralement d’étudier des possibilités plus larges de coopération  en chimie environnementale et écotoxicologie, notamment avec le centre Irstea de Bordeaux.

À court terme, nous élaborerons ensemble un inventaire de nos méthodologies de terrain et méthodes d'analyse afin d’identifier similarités et complémentarités. À plus long terme nous souhaiterions investir plusieurs champs nouveaux : l’étude des biofilms en tant qu’accumulateurs et indicateurs d'effets de polluants émergents, l’impact des fongicides, ou encore les approches intégrées à l’échelle d’un bassin versant. Sur cette dernière question, nous souhaiterions nous inspirer de l’expérience de nos partenaires américains pour l’adapter à un premier cas d’étude en France. Nous devrions, par ces collaborations et l’exploitation de nos complémentarités, contribuer à améliorer notre connaissance du comportement et de l’impact des contaminants anthropiques sur les milieux aquatiques.

Atelier : Hydrologie : bassins versants non jaugés

Les équipes du thème de recherche avaient déjà établi de simples contacts avec l’USGS à l’occasion de colloques scientifiques. Ce séminaire a offert l’opportunité d’une rencontre et d’échanges plus approfondis sur nos recherches respectives.

L’USGS collecte toutes les données des bassins versants américains (plus de 10 000 points de mesure). La comparaison de bassins versants « cousins » en France et aux États-Unis et de nos modèles pluie-débit est une première piste de collaboration identifiée. Il est en effet utile d’établir des similarités entre bassins versants pour affiner les paramètres de nos modèles. Cela permet in fine d’améliorer la prédétermination du comportement des bassins versants et la prédiction des évènements hydrologiques extrêmes. Des données américaines ont d’ores et déjà été mises à disposition par l’USGS sur deux bassins versants très urbanisés, afin d’évaluer l’impact de l’urbanisation sur leur comportement. Cette question fera l’objet d’un travail commun dans le cadre d’un atelier organisé par Irstea en juillet 2013 à l’occasion du prochain colloque de l’IAHS (International Association of Hydrological Science).

Atelier : Transport des sédiments et géomorphologie

Nous avions eu par le passé des contacts ponctuels avec l’USGS sur la question du charriage des sédiments, thématique aujourd'hui un peu délaissée côté américain. L’atelier nous a permis d’identifier deux pistes de collaboration : le développement de la méthodologie acoustique permettant une mesure simultanée de la vitesse,  la concentration et la taille des sédiments en suspension, et d’une plateforme internationale d’échange de métadonnées sur les sédiments. Nous envisageons une participation conjointe à la conférence SedHyd 2014 sur la mesure et modélisation hydro-sédimentaire qui aura lieu aux États-Unis en mars 2014 (Nevada).

Nous pourrions par ailleurs bénéficier de nos complémentarités sur d’autres axes thématiques. Les chercheurs de l’USGS sont très intéressés par conduire des expérimentations communes dans les canaux nouvellement installés au centre Irstea de Lyon afin d’étudier par exemple l’impact de la végétation sur les flux. Nos équipes pourraient, elles, bénéficier de l’expérience américaine dans le domaine de l’évolution géomorphologique et écologique des cours d’eau suite à un effacement de barrages.

Le transport sédimentaire est une donnée majeure de l’état écologique des cours d’eau. La Directive Cadre sur l'Eau impose aujourd'hui un transport de sédiments "suffisant" dans les cours d'eau. Un déséquilibre sédimentaire peut en effet engendrer une destruction progressive des habitats aquatiques et une érosion des berges et du lit. Les sédiments les plus fins peuvent par ailleurs constituer des vecteurs de substances polluantes dans le milieu lorsqu’ils sont contaminés, ce qui nous a d'ailleurs conduit à travailler sur des projets communs avec les équipes spécialisées Chimie Environnementale et Écotoxicologie. 

Atelier : Écologie terrestre, impact du changement global sur les forêts et la végétation

Un premier axe concerne l’impact du changement climatique sur l’architecture des arbres. Nous souhaiterions démontrer qu’il s’agit d’un processus universel. L’idée est d’appliquer la méthodologie développée par Irstea sur les placettes expérimentales de l’USGS. L’enjeu est important : le retard de développement des branches peut être à l’origine de dépérissements spectaculaires des populations, et avoir un impact écologique et économique non négligeables. Une participation conjointe USGS-Irstea est prévue dans une session du prochain congrès annuel de l’IUFRO à Salt Lake City en 2014.

Sur un plan plus prospectif, nous envisageons d’approfondir les échanges sur la thématique de l’impact du changement global sur les écosystèmes de montagne et les pâturages. Les changements de composition floristiques induisent des modifications dans les modes de gestion et une fragilisation des sols. La question est : Comment veiller à conjuguer alimentation animale, protection de la biodiversité, et lutte contre l’érosion ? Des approches comparées pourront être appliquées sur les systèmes des Alpes et des Rocheuses.

Enfin, le séminaire nous a permis d’identifier de nouvelles pistes de collaboration sur la question de l’impact des incendies de forêts. Le dessèchement de la biomasse implique des départs de feux plus fréquents, et des phénomènes souvent plus violents et plus destructeurs. Nous souhaiterions axer nos échanges dans un premier temps sur la caractérisation et la cartographie des combustibles pour les modèles de feux, l’étude des incendies en zones périurbaines et la survie des arbres. À plus long terme, les approches intégrées pourront être étudiées conjointement.