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La recherche sur les polluants émergents à l’agenda européen

Prélèvement cages © B. Xuereb / Irstea

14/01/2014

Identifier, prévenir, contrôler et traiter les nouveaux polluants et agents pathogènes des masses d’eau européennes afin de protéger la santé humaine et sécuriser les écosystèmes : tels sont les principaux objectifs de l’appel à projets, lancé le 1er novembre 2013 à destination des scientifiques de l’Union européenne par le JPI Water. Retour sur ce premier appel d’offre sur les contaminants émergents dans l’eau avec Jeanne Garric, ecotoxicologue à Irstea. 

L’ouverture du premier appel à projets conjoints du JPI Water [1] sur les contaminants émergents dans les masses d’eau européennes est une nouvelle avancée de cet ambitieux programme européen. Jeanne Garric, ecotoxicologue à Irstea, revient pour nous sur les principaux enjeux de cet appel.

Irstea : Quels sont les principaux enjeux aujourd’hui d’un tel appel à projets sur les contaminants émergents ?

Jeanne Garric : Le premier enjeu est le développement des connaissances et des méthodologies nécessaires à la protection de la qualité de l’eau et de ses usages. Un autre enjeu me paraît être un enjeu réglementaire. L’Union européenne a besoin de données pour la mise en œuvre de nouvelles directives pour prévenir et gérer la pollution des  milieux aquatiques. Les résultats des recherches menées à l’issue de cet appel à projet contribueront certainement à la révision de la liste des substances considérées comme prioritaires à surveiller dans les milieux aquatiques.

Cet appel à projet répond aussi, dans une certaine mesure, à des inquiétudes sociétales. Les nouvelles recherches initiées devraient permettre d’acquérir des connaissances sur le comportement et la dangerosité des substances présentes dans les milieux, mais aussi sur leur contrôle et les méthodes de réduction de cette pollution. En effet, nous n’avons, pour l’instant, que très peu d’information sur de nombreuses substances qui sont de ce fait dites « émergentes ». Un aspect intéressant de cet appel à projets est bien qu’il s’intéresse à l’ensemble du cycle de vie de ces substances, depuis leur source jusqu’aux méthodes de remédiation en passant par la mesure et l’évaluation du risque pour les milieux et l’Homme.

Comment cet appel à projets européen va-t-il permettre de faire avancer la recherche sur les contaminants émergents ?

J.G. : Avant toute chose, il faut rappeler qu’il s’agit du premier appel à projet européen qui traite spécifiquement de polluants émergents et de la protection de la santé humaine et des milieux. Des précédents appels traitaient des questions plus vastes comme l’évaluation de la qualité des écosystèmes en lien avec la mise en œuvre de la Directive-cadre sur l’eau, ou se ciblaient sur le risque environnemental de substances particulières (produits pharmaceutiques, nanoparticules) ; des  thématiques proches, mais dont les approches et les enjeux sont différents. L’accent est mis, ici, sur la détection de nouvelles substances, sur leurs sources, leurs comportements, sur l’étude de leurs impacts et les méthodologies de prévention et de gestion pour la protection de la santé de l’Homme et des écosystèmes. On donne ainsi des moyens humains et financiers à ce pan important de la recherche.

Cet appel va surtout contribuer au renforcement d’une vision européenne de la problématique des contaminants émergents et de son traitement. En effet, conformément aux objectifs du JPI Water de lutter contre la fragmentation de la recherche et au doublonnage des projets, l’appel stipule que chaque projet doit associer obligatoirement 2 instituts de recherche européens de nationalité différentes. Il met aussi l’accent sur la mobilité des chercheurs au cours de ces projets. Il favorise ainsi la naissance de consortiums européens sur cette thématique et le renforcement des collaborations scientifiques entre états. Ce qui, au niveau de la politique européenne, devrait permettre de mieux répondre aux enjeux de la surveillance des pollutions  chimiques et biologiques.

Les chercheurs d’Irstea ont-ils répondu à l’appel d’offre ?

J.G. : Oui bien sûr, Irstea regroupe à la fois des spécialistes du traitement des eaux, de la détection des polluants et de l’évaluation de leurs effets ; l’institut était légitimement amené à candidater. 4 projets associant l’institut ont été déposés et Irstea est porteur de 3, ce qui est très bon signe. Si ces projets sont retenus, cela donnera une belle visibilité des recherches de l’institut, en permettant une consolidation des collaborations scientifiques européennes. A une autre échelle, cela permettrait également à l’institut d’être encore mieux identifié comme une voix qui compte dans la dynamique européenne de recherche pour la connaissance et la gestion des contaminants émergents. 

L’état des masses d’eau est un sujet qui inquiète de plus en plus le grand public. Cet appel à projets est-il un bon signe ?

J.G. : Oui. D’une part, car il est le signe que le problème est pris en compte à large échelle et n’est pas le fait d’une équipe de recherche isolée ; d’autre part, les instances européennes sont une bonne garantie pour le développement d’une recherche indépendante.

Les résultats des projets financés seront connus entre mai et octobre 2014. Les projets commenceront à l’automne pour une durée de 24 à 36 mois de recherche. Affaire à suivre…

En savoir plus

 [1] Programme de recherche européen initié en décembre 2011 afin de mieux coordonner les initiatives de recherche dans les états de l’Union européenne. Pour en savoir plus, consultez le site du JPI Water.