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Plateforme RobAgri : coup d’accélérateur pour la robotique agricole en France

(c) C. Tailleux / Irstea

03/11/2017

Rassembler les acteurs publics et privés de l’agroéquipement autour d’une même structure pour faciliter la conception, la certification et la mise sur le marché de robots innovants, et accroître ainsi le rayonnement de la France : tel est l’objectif du projet RobAgri initié par Axema et Irstea. 

Réduction des risques et de la pénibilité, limitation des intrants (eau, engrais, produits phytosanitaires) et de l'exposition aux produits phytosanitaires, gain de productivité… la robotique offre de nombreuses possibilités pour repenser nos pratiques agricoles afin de mieux conjuguer production, respect de l’environnement et amélioration des conditions de travail. Si les robots sont aujourd’hui bien implantés dans les bâtiments, à l’instar des robots de traite, des développements scientifiques et technologiques sont encore nécessaires pour les adapter aux contraintes des milieux ouverts (variabilité du terrain, des conditions météorologiques) et à la diversité des tâches (semis, récolte…). En outre, l’absence de réglementations et normes, et le manque d’infrastructures pour les tests et évaluations, freinent le développement de la robotique agricole en France. Et si la solution pour innover plus rapidement résidait dans la mobilisation des compétences et moyens de tous les acteurs de la filière ? C’est le pari du projet RobAgri. 

Intensifier la conception, validation et dissémination des robots de demain 

Véritable plateforme d’échanges, RobAgri réunit à l’échelle nationale des acteurs publics (instituts de recherche, pôles de compétitivité…) et privés de l’agroéquipement (industriels, équipementiers…) afin d’« impulser une dynamique collective, pour élaborer des systèmes robotisés, en adéquation avec les besoins des agriculteurs et des marchés » explique Michel Berducat, Directeur adjoint de l'unité de recherche TSCF d’Irstea. À la clé, une filière française compétitrice et créatrice d’emplois, face à une concurrence accrue. RobAgri n’a pas vocation à créer des robots, mais bien à concevoir, identifier et partager des outils, infrastructures et réseaux de connaissances, pour permettre à ses membres de créer, développer, et influer sur l’élaboration des réglementations et standards.

L’organisation d’un Techday Robotique Agricole[1] en septembre dernier, par la Direction Générale des Entreprises (DGE) du Ministère de l’économie et des Finances à Paris, a d’ailleurs contribué à communiquer et forger cette ambition.

L’association RobAgri a ainsi vu le jour le 20 octobre 2017. Rassemblant  37 et bientôt 48  membres fondateurs, ce collectif est le fruit d’une année de travail entre laboratoires, startup, PME, etc., sous l’impulsion d’Irstea et Axema, Syndicat des industriels de l'agroéquipement[2].

Les premières actions de l’association s’articulent selon 4 Groupes de Travail prochainement lancés :

  • Mise en place d’une veille scientifique et technique : par le recensement des besoins des adhérents et l’exploration de modes et outils de collecte, traitement et diffusion de l’information, dans un premier temps
  • Identifications de projets R&D et dispositifs de financement : en particulier par  l’élaboration de projets collaboratifs au sein de consortiums spécifiques rassemblant des acteurs complémentaires
  • Qualification des performances et certification : en contribuant à la définition de la nature d’essais sur l’autonomie, la sécurité des robots, la qualité et précision des tâches, et en engageant une démarche de certification des protocoles, procédures, moyens d’essais et acteurs impliqués
  • Expertise réglementaire et normative : par la participation aux groupes de normalisation, la contribution aux discussions en cours, notamment sur la norme ISO 18497 « Sécurité des Machines Agricoles Hautement Automatisées », ou encore par le développement d’une expertise sur l’évaluation des niveaux de risque des machines autonomes, en appui aux adhérents.

Pour la réalisation d’essais et d’évaluations de robots dans des conditions variées, maîtrisées et reproductibhbles, l’association RobAgri domiciliée sur le site de recherche et d’expérimentation Irstea à Montoldre, pourra ainsi s’appuyer sur les infrastructures et compétences de l’AgroTechnoPôle[3], centre d’innovation en matière de mobilité, robotique, sécurité des machines, technologies du numérique pour l’agriculture et technologies pour les machines d’épandage, actuellement en développement.

C’est désormais sous la coordination d’Yves Bigay, Directeur de l’innovation et de la valorisation d’Irstea et Vice-Président de l’association, et Roland Lenain, Directeur de recherche à Irstea et membre du Conseil Scientifique et Technique, qu’Irstea poursuivra les travaux initiés par le comité exécutif du projet RobAgri, pour fédérer au niveau national, les efforts en matière de recherche et développement en robotique agricole.

Pour l’heure, rendez-vous à la 2ème édition du Forum International de la Robotique Agricole, organisé par Naïo Technologies les 29 et 30 novembre 2017 à Toulouse, pour découvrir les actualités de l’association et échanger avec son Président Jean-Michel Lebars du groupe KUHN et Roland Lenain.

Les membres du bureau de RobAgri

De gauche à droite, Vice-Président : Yves BIGAY, Directeur de l’innovation et de la valorisation d’Irstea, Président : Jean-Michel LE BARS, Responsable adjoint du Département Électronique du Groupe Kuhn, Vice-Président : Michel-J DAMIANI, Marketing et Sales Manager de ACTIA-Automotive, Trésorier : Dominique BACHE, Directeur Général de Vitibot.

En savoir plus

[2] Travail animé par un comité exécutif composé de Michel Berducat, Directeur adjoint de l'unité de recherche TSCF d’Irstea, Roland Lenain, Directeur de recherche à Irstea,  Guillaume Bocquet, Responsable du pôle technique d’Axema et Alain Savary, Directeur général d’Axema

[3] Situé en Auvergne-Rhône-Alpes