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Quel froid pour le développement durable ?

Coulis de glace © Madeleine Carrouée

25/07/2012

À l’université de Kobé au Japon, se tiendra du 29 juillet au 1er août 2012, la 10e conférence des matériaux à changement de phase et coulis.

Ces sujets sont peu connus, pourtant, la production du froid et le maintien de la fraîcheur de certains lieux ou appareils domestiques est un enjeu quotidien (climatisations, frigos…). Et, la problématique de l’Institut international du froid (IIF) chapotant cette conférence est claire : comment allier production de froid et développement durable ?

En France, deux équipes de recherche s’y consacrent, dont celle de Laurence Fournaison, chercheuse Irstea et organisatrice de la conférence au nom de l’IIF. Leurs travaux portent en priorité sur les coulis de glace et les coulis d’hydrates, des fluides qui permettent de transporter le froid dans des systèmes confinés et qui sont inoffensifs pour l’environnement par opposition aux gaz frigorigènes. La fabrication d’un coulis est un processus difficile car il impose de trouver le bon ratio entre les différents composants. Les chercheurs élaborent différentes combinaisons afin de déterminer les coulis les plus performants.

Lors de cette conférence l'équipe d'Irstea présentera ses projets de recherches :

  • Les coulis d’hydrate TBPB « Flow behavior and heat transfer of CO2 TBPB hydrate slurry in a refrigeration system ». Un projet de recherche presque finalisé.
  • Le couplage d’émulsion d'eau et paraffine avec des hydrates « Experimental studies of the heat density of paraffin and gas hydrate slurry for cold production and refrigeration applications ». Un projet de recherche très en amont.

Ce deuxième projet est un projet franco-allemand né lors des précédentes rencontres en Allemagne en 2010. Les deux équipes allemande et française avaient alors pu mesurer leur complémentarité : spécialité des allemands sur l’émulsion, et des français sur les hydrates. L’ouverture d’un projet ANR et de financements européens sur le sujet, leur a permis ensuite de concrétiser leur partenariat.

Favoriser les rencontres entre chercheurs, industriels, post-doctorants est l’un des principaux objectifs de ces rencontres. D’autant plus, que cette conférence rassemble en majorité des acteurs de la recherche japonaise, chinoise ou coréenne, les européens apparaîssent en petit nombre et les nord-américains sont quasiment absents. Une forte présence qui va au-delà de la proximité géographique. Les universités ou instituts de recherche japonais, par exemple sont en pointe sur ces questions. En effet, selon Laurence Fournaison la conjonction des contraintes spatiales et énergétiques les pousse à trouver des solutions pour un stockage d’énergie facile.

Bien plus, la rencontre entre la recherche asiatique et européenne met également en évidence la diversité des logiques énergétiques au sein des états. Au Japon, où l’énergie coûte très chère, les possibilités de stockage sont des données fondamentales. Or, grâce au coulis de glace les japonais remplissent ainsi des grandes piscines et stockent du froid qui sera diffusé dans les différents appareils. En Europe, où la pression sur les ressources énergétiques est moindre, ce même coulis n’est utilisé que dans les tuyaux de refroidissement. Une différence de procédé qui, sans être majeure, révèle au-delà de l’aspect scientifique les échanges humains et sociétaux qui enrichissent ces rencontres.

En savoir plus sur la conférence :
En savoir plus sur les recherches Irstea :