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La biodiversité, solution clé pour agir sur le changement climatique

(c) C. Tailleux

29/06/2017

Face aux changements climatiques, des solutions locales sont nécessaires pour rendre nos forêts, hauts-lieux de biodiversité, moins sensibles aux risques et plus résilientes. Focus sur les expérimentations menées par les chercheurs d’Irstea pour aider les gestionnaires à faire les bons choix, à l’occasion des 7ème assises nationales de la biodiversité du 5 au 7 juillet à Ajaccio. 

Dois-je planter des espèces provenant de climats plus secs, à l’instar des chênes méditerranéens, et donc plus résistantes aux nouvelles conditions climatiques ? Assister la migration des végétaux vers des zones plus adaptées? Des questions soulevées aujourd’hui par les gestionnaires. Avec les changements climatiques, nos forêts sont et seront en effet davantage soumises à des perturbations majeures comme les sécheresses, incendies ou attaques d’insectes. En conséquence, dépérissements des arbres se traduisant par des défoliations ou des mortalités, et modifications de la répartition des aires de répartition des espèces sont à craindre. 

Or, il est possible d’atténuer ces effets négatifs par une gestion adaptée. Pour mieux comprendre les comportements et interactions des végétations entre elles et avec leur environnement, face aux changements climatiques, les chercheurs d’Irstea expérimentent des solutions variées en s’appuyant notamment sur les propriétés du vivant. C’est le principe des solutions fondées sur la nature.[1] A la clé : des pistes pour gérer durablement nos écosystèmes et garantir le maintien de leurs fonctions (production de bois, protection contre les risques naturels…). 

De l’échelle globale… aux solutions locales       

Pour adapter nos forêts à ces stress, une des stratégies consiste à jouer sur la capacité d’une espèce à s’adapter aux variations environnementales[2].

Concrètement, 2 actions sont possibles : 
  • Les éclaircies (diminution de la densité du peuplement) pour réduire la compétition en eau et favoriser la croissance de certaines espèces, 
  • Le mélange d’essences pour améliorer la résistance, la résilience et la productivité des forêts. Mais encore faut-il sélectionner les bonnes espèces, ayant la capacité d'émettre de nouvelles tiges à proximité de leur souche et donc de se régénérer après un incendie notamment, et des traits intéressants : capacité à supporter un ombrage, à résister à de forts déficits hydriques, etc.

De nouvelles clés de compréhension sur le comportement de 7 feuillus[3] tels que les chênes, introduits dans une forêt uniquement composée de pins d’Alep, à Saint Mitre les Remparts (13), sont justement proposées par les chercheurs du centre Irstea d’Aix en Provence. Si les espèces arbustives introduites (comme l’arbousier) sont davantage adaptées aux températures extrêmes et à l’excès de lumière caractéristiques des milieux découverts, les espèces arborées (comme le frêne à fleurs ou le sorbier) présentent quant à elles un meilleur développement dans les couverts moyens et légers. Des éclaircies seraient alors bénéfiques dans les peuplements denses pour favoriser le développement de ces feuillus. Des résultats utiles pour optimiser une opération de restauration utilisant ces espèces dans les écosystèmes méditerranéens. Consultez l’étude.  

Les propriétés des forêts mélangées sont aussi scrutées par les chercheurs du centre Irstea de Nogent sur Vernisson. A Orléans, plus de 10 000 arbres sont surveillés dans le cadre du dispositif grandeur nature OPTMix, pour comprendre le fonctionnement des forêts mélangées face au changement climatique, et identifier des leviers d’action. Leurs tests révèlent notamment les effets bénéfiques d’un mélange d’espèces pour limiter les pertes de croissance lors d’une attaque d’insectes.  

 

2 autres types de solutions sont testés par les scientifiques d’Irstea en vue d’améliorer les pratiques : la regénération de peuplements vieillissants, et la migration assistée d’espèces vers des zones aux conditions environnementales propices. Il s'agit par exemple, d'utiliser pour les chênes méditerranéens des semences issues du sud de leurs aires de distribution (Espagne). La mise en œuvre de ces solutions et leur succès, passe par une nécessaire mise en commun des savoirs et expériences des acteurs impliqués. 

Pour débattre, partager des solutions et identifier de nouvelles stratégies, Irstea vous donne rendez-vous aux 7èmes assises nationales de la biodiversité, organisées par Ideal Connaissances et les Eco maires, sous le haut patronage du ministère de l’écologie, du 5 au 7 juillet à Ajaccio. Au programme, conférences, ateliers et visites de terrain autour de 5 thématiques en lien avec la biodiversité : gouvernance territoriale, socio-économie, droit, cadre de vie et culture. Irstea interviendra à 2 tables rondes : 

  • La biodiversité face au dérèglement climatique, le 5 juillet à 17h, avec Bernard Prevosto, chercheur Irstea
  • Biodiversité comme source d'atouts économiques locaux, le 6 juillet à 9h30, avec Jean-Marc Callois, directeur du Département Territoires d’Irstea

Toutes les informations à cette adresse

En savoir plus 

[1] Approche émergente définie par l’UICN : http://uicn.fr/solutions-fondees-sur-la-nature/ 

[2] Certains arbres développent par exemple des systèmes racinaires plus profonds sous l’effet de la compétition hydrologique.

[3] Arbousiers, sorbiers, pistachiers, chêne pubsecent et chêne vert, frênes à fleurs et caroubiers