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Pour un développement en synergie des territoires côtiers et ruraux

©Philippe Devanne

26/07/2018

Dans les régions littorales, zones côtières et zones rurales voisines forment des territoires interdépendants, notamment vis-à-vis de la ressource en eau, et pourtant cloisonnés. Lancé en juin à Bruxelles et porté par une trentaine de partenaires européens dont Irstea, le projet COASTAL vise à fédérer les acteurs de ces territoires et à créer des outils stratégiques pour favoriser un développement économique conjoint et durable.

 

Le développement économique des régions littorales est particulièrement dépendant de la ressource en eau. Ces régions concentrent en effet, côté mer, des activités pour lesquelles la qualité de l’eau est cruciale et, côté terre, une activité rurale qui est aussi tributaire de l’eau et parfois à l’origine de sa dégradation (pollutions diffuses issues des activités agricoles). Même s’ils sont liés par cet enjeu commun dont dépend leur développement, ces deux pans des territoires littoraux forment souvent des mondes parallèles qui interagissent peu.

Commune à de nombreuses régions d’Europe, cette problématique de cloisonnement intra-territorial est au cœur du projet COASTAL : Collaborative land sea integration platform1. Financé à hauteur de 5 millions d’euros par le programme européen Horizon 2020, le projet vise à renforcer la synergie entre les activités côtières (pêche, aquaculture, tourisme, énergie offshore…) et les activités en amont (agriculture et agro-industrie, tourisme…), en faisant émerger des stratégies et des politiques de développement qui intègrent ces deux territoires.

Six sites littoraux situés en Grèce, en Suède, en Belgique, en Espagne, en Roumanie et en France, et représentatifs de contextes variés seront ainsi étudiés au cours du projet. « Pour chaque site, l’enjeu consiste à élaborer des pistes de développement des activités économiques, qui intègrent à la fois la synergie entre zones côtière et terrestre, et les contraintes environnementales. C’est là que réside toute l’originalité du projet. Il s’agit par exemple d’envisager de nouvelles filières agricoles, économiquement rentables, en accord avec le développement des autres activités et limitant les sources de pollution », précise Françoise Vernier, ingénieure en agro-géographie au centre Irstea de Bordeaux et co-coordinatrice du projet pour la France.

But final : créer un outil de gestion multi-acteurs du développement territorial

Pour cela, la même méthodologie sera appliquée à tous les sites étudiés ; elle s’appuiera sur des ateliers de concertation qui réuniront d’abord les acteurs par secteur géographique (côtier/rural) et par secteur d’activité, puis l’ensemble des acteurs du territoire. « Lors de ces ateliers, des outils tels que des cartes mentales2 seront utilisés pour mettre en perspective les interactions, les opportunités et les obstacles existant sur le territoire étudié, et pour ensuite construire collectivement des pistes de développement de l’ensemble des activités, cohérentes avec les enjeux environnementaux », commente Jean-Marie Lescot, co-coordinateur du projet. Les partenaires scientifiques s’attacheront ensuite à évaluer et quantifier, à l’aide de modèles de simulation adaptés, les conséquences économiques et environnementales des différents scénarios possibles de développement.

Ce travail associant scientifiques et acteurs du territoire aboutira à la conception d’un outil d’aide à la décision directement utilisable par la communauté d’acteurs économiques, publics et politiques, à travers une plateforme d’échanges multi-acteurs (multi-actor lab). À l’issue du projet fin 2020, chaque site disposera ainsi de sa propre plateforme interactive qui permettra aux acteurs locaux d’élaborer les feuilles de route à mettre en œuvre pour le développement de leur territoire. La mise en commun des expériences des sites pilotes doit aussi permettre l’élaboration d’outils d’aide à la décision génériques et transférables qui seront mis à disposition des acteurs d’autres territoires littoraux.

Irstea, le partenaire scientifique français du projet COASTAL

S’appuyant sur sa connaissance antérieure du territoire et de ses acteurs, l’équipe Environnement, territoires et infrastructures du centre Irstea de Bordeaux coordonne l’étude du site français sélectionné dans le cadre du projet : le bassin versant1 de la Charente. Ce territoire qui se caractérise par une forte activité agricole dans sa partie amont et une activité conchylicole et touristique dans sa partie estuarienne est particulièrement investi dans la démarche de développement conjoint de ses zones côtières et rurales.

L’équipe bordelaise apporte aussi sa contribution à l’échelle globale du projet pour la conception des outils communs : cartes mentales, modèles de dynamique des systèmes pour l’analyse des scénarios de développement, plateforme d’échanges en ligne.

1- Un bassin versant est un espace délimité par les lignes de relief les plus hautes et qui draine chaque goutte d’eau qu’il reçoit vers un exutoire, un cours d'eau ou la mer.
En savoir plus

1- Le projet COASTAL (2018-2020) est financé par le programme de recherche H2020 « Sureté alimentaire, agriculture et sylviculture durable, écosystème aquatique et bio économie », dans la thématique « Interactions côtières et rurales : accroitre les synergies entre les activités terrestres et côtières ».
2- Une carte mentale est une représentation visuelle des idées découlant d'une notion-clé ; elle permet de visualiser les interactions entre ces idées et d’élaborer une vision globale du sujet étudié.