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Développement des territoires : les impacts du programme européen LEADER

(c) C. Mallon

17/01/2017

Soutenir des projets innovants portés par les acteurs locaux, pour favoriser le développement des territoires : tel est l’objectif du programme européen LEADER. Une évaluation régionale menée par Irstea propose aux élus et gestionnaires, des pistes pour améliorer son efficacité et son adaptation aux spécificités territoriales.

Comment améliorer l’efficacité d’un programme européen de développement économique et d’aménagement durable des territoires ruraux ? Des experts Irstea ont été sollicités pour évaluer les impacts du programme LEADER en Auvergne et proposer des pistes d’amélioration. 

Pour soutenir le développement territorial, le programme LEADER a été lancé il y a plus de 25 ans. Défini littéralement comme Liaisons Entre Actions de Développement de l’Economie Rurale, il fournit des moyens financiers et techniques aux porteurs privés et économiques de projets locaux innovants, dans les territoires organisés (Pays ou Parcs Naturels Régionaux notamment). C’est, par exemple, un camp nature en éco-construction ou un parcours de découverte du patrimoine.

Or, la mise en œuvre des programmes (modalités de co-financement des projets notamment) a été profondément modifiée pour la programmation 2007-2013 par rapport aux programmations antérieures. Dans ces conditions, les territoires font aujourd’hui face à des difficultés pour accompagner certains types de projets. 

Les stratégies d’adaptation des territoires auvergnats

GAL Auvergne Une évaluation du programme LEADER en Auvergne (2007-2013), menée entre autre par Dominique Vollet[1], chercheur Irstea, et Christel Bosc (Maître de Conférences en science politique à VetAgro Sup) a mis en évidence plusieurs contraintes et stratégies d’adaptation associées.

3 ensemble de facteurs contraignants ont été identifiés dans les 12 territoires auvergnats ayant bénéficié du programme LEADER et constitués en Groupe d’Action Locale (associant partenaires privés et publics locaux) :

  • Des projets innovants peu nombreux
  • Méconnaissance du programme par les acteurs privés
  • Une obligation de co-financement difficile à mettre en oeuvre

Selon le degré d’exposition à ces contraintes les groupes d’action locale (GAL) d’Auvergne ont développé différentes stratégies :

  • Appui aux porteurs de projets publics uniquement, (Pays de la Vallée de Montluçon et du Cher, Livradois-Forez et Pays de Vichy-Auvergne) par une anticipation des difficultés à mobiliser les acteurs privés,
  • Appui des acteurs privés et redéploiement des actions vers le public (Pays d’Aurillac, Pays des Combrailles, Territoire de projet en Sologne et bocage Bourbonnais, Pays de Saint-Flour Haute-Auvergne) ont quant à eux, accompagné des acteurs privés et redéployé leurs actions vers des projets publics.
  • Développement de mécanismes de co-financement public/privé systématiques (Pays de la Jeune-Loire, Pays du Velay) par la mobilisation de dispositifs d’appui existants (FRACAP[2]notamment). Les projets privés accompagnés dans ces 2 territoires ne répondaient toutefois pas à l’ensemble des spécificités LEADER : projets locaux innovants, spécifiques, adaptés aux enjeux portés par le territoire, interrogeant alors la plus-value du programme.

 

Quelles recommandations pour appuyer les initiatives privées ?

3 pistes d’amélioration principales ressortent de cette analyse :

  • Améliorer l’accès des acteurs privés au programme en intensifiant les moyens de communication et d’animation des Groupes d’actions locale, ou en favorisant les interactions entre l’animateur du GAL et les acteurs, par exemple,
  • Ajuster la stratégie du programme aux besoins spécifiques du territoire,
  • Renforcer la coordination entre les partenaires (interactions entre le conseil régional et chambres d’agriculture, chambre de commerce…) pour encourager des mécanismes de co-financements systématiques. La mise en place d’une conférence entre acteurs et co-financeurs potentiels peut être envisagée.
Le Programme LEADER

Programme d’Initiative Communautaire (PIC) à l’origine, LEADER est intégré depuis 2007 au FEADER (Fonds Européen Agricole pour le Développement Rural), second volet de la PAC (Politique Agricole Commune). Concrètement, chaque territoire (Pays ou Parcs Naturels Régionaux) organisé en Groupe d’action locale (GAL) associant partenaires publics et privés, définit une priorité de développement local et un programme d’actions à mettre en œuvre. Le programme est co-piloté par le préfet de région et le président du conseil régional.

La démarche LEADER est fondée sur un partenariat public - privé, une approche ascendante et participative (les projets sont construits et portés par le territoire), la valorisation des ressources locales, et l’innovation. Il soutient, à titre d’exemple, des projets d’amélioration des conditions d’abreuvement des animaux pour limiter la pollution des cours d’eau, afin d’optimiser la qualité des ressources en eau et élever la compétitivité des acteurs, ou encore, de commercialisation de séjours éco-touristiques sous forme itinérante, pour favoriser l’attractivité du territoire.
En savoir plus

[1] Directeur de l’UMR Territoires (ex UMR Metafort)

[2] Fonds régional d’aide au commerce et à l’artisanat de proximité