Zones de rejet végétalisées

Ces dernières années, de plus en plus de zones de rejet végétalisées (ZRV) sont apparues aux abords de stations d’épuration. On en compte aujourd’hui plus de 500 en France. Leur but : réduire la quantité d’eau provenant de la station (par infiltration dans le sol) et améliorer sa qualité, avant son rejet dans le milieu naturel. Pourtant, les propriétés de ces aménagements composés notamment de végétaux sont encore mal comprises.

 

 

C’est pourquoi les scientifiques d’Irstea ont lancé un vaste programme d’études des ZRV1 qui vise à élucider le rôle des 3 compartiments en jeu dans ces dispositifs : l’eau, le sol et les végétaux. « Notre objectif est de savoir si les ZRV sont réellement efficaces pour éliminer les polluants classiques - carbone, azote, phosphore - et les micropolluants qui perdurent dans les rejets des stations, mais aussi pour réduire la contamination bactérienne issue des fèces. Le cas échéant, il s’agit aussi de prouver que cela ne soit pas au détriment de la qualité du sol et des eaux souterraines », précise Catherine Boutin qui pilote le programme des ZRV à Irstea.

Ainsi, les études en cours visent :

  • à déterminer le rôle du sol et son comportement à long terme, par des analyses en laboratoire et un suivi par lysimètres, outils permettant d'étudier l'évolution de l'eau dans un sol naturel : projet Roseev ;
  • à étudier, sur un site pilote de taille semi-industrielle, le rôle du sol et de l’eau dans 3 des 4 configurations de ZRV2 : projet Biotrytis ;
  • à étudier, à échelle réelle d’une station d’épuration (Marguerittes, Gard), le rôle de l’eau et des végétaux, dans la quatrième configuration de ZRV.

Complémentaires entre elles, ces études permettront de comparer les performances des 4 types de ZRV et ce, de l’échelle du laboratoire à celle de la station d’épuration. Parallèlement, dans le cadre du groupe de travail d’évaluation des procédés nouveaux d'assainissement des petites et moyennes collectivités (EPNAC), les scientifiques s’attachent à élaborer des recommandations d’entretien et de gestion de ces ouvrages afin de faciliter leur déploiement. Rendez-vous fin 2018 pour connaître tous les résultats…

  1. Financement du programme scientifique (2013-2018) : Onema.
  2. Selon l’origine des matériaux utilisés (sol sur place ou matériaux rapportés) et la géométrie de la zone, on distingue 4 types de ZRV : « prairie », « bassin », « fossé », « autres ».


Contact. Catherine Boutin, Unité Milieux aquatiques, écologie et pollutions (MAEP), Centre Irstea Lyon-Villeurbanne