Agenda 2030 pour le Développement Durable : Irstea se mobilise

Les 24 et 25 septembre à New York, dans le cadre de l’Assemblée générale de l’ONU, ses États Membres se réunissent lors du Sommet sur les objectifs de développement durable pour débattre des grandes questions intéressant la planète. Ce Sommet repose sur l’Agenda 2030 pour le Développement Durable, adopté par les 193 États-membres de l’ONU en 2015, qui dessine une feuille de route visant à éliminer toute forme de pauvreté, combattre les inégalités et lutter contre le changement climatique. La mise en œuvre de cette feuille de route passe par l’amélioration des connaissances et la définition d’outils et méthodes communes : à travers différents projets, Irstea se mobilise. 

Chaque année, les États Membres de l’Organisation des Nations Unies se réunissent lors de l’Assemblée générale de l’organisation, à New York, pour débattre des grandes questions intéressant la planète. En 2019, en sus du débat général, les dirigeants mondiaux participeront à plusieurs sommets de haut niveau visant à dynamiser l’action contre le changement climatique et en faveur du développement durable. Cette semaine d’action repose sur les objectifs de développement durable de l’Agenda 2030, adopté par les Etats-membres de l’ONU en 2015. Cet agenda, qui fêtait ses 4 ans le 20 septembre 2019, présente une feuille de route visant à éliminer toute forme de pauvreté, combattre les inégalités et lutter contre le changement climatique. La France vient de publier sa feuille de route pour l’Agenda 2030, qui est celle de l’Etat mais aussi de tous les acteurs de la société française, y compris la recherche. Un plan d’action « Science au service des ODD » contribuera à la mise en œuvre de la feuille de route. La mise en œuvre de cette feuille de route demande à la fois des méthodes et outils scientifiques ainsi qu’une amélioration des connaissances pour atteindre les 17 objectifs et leurs 169 cibles. Irstea se mobilise par le biais de différents projets.
Zoom sur le projet "Agenda 2030 et Risques".

Projet TRISD

Comment les risques associés aux ODD sont-ils anticipés, surveillés et gérés ? Et comment améliorer les systèmes de gestion des risques ? Le réseau PEER (Partnership for European Environmental Research) cherche à répondre à ces questions avec le projet « Agenda 2030 & risques », initié grâce au travail de Didier Richard, scientifique de l’unité de recherche ETNA au centre Irstea de Grenoble. 3 questions à Kurt Jax (Professeur au Centre Helmholtz pour la recherche environnementale (UFZ), Allemagne) et Eeva Primmer (Directrice de recherche du Centre finlandais pour l’Environnement), coordinateurs du projet.

Eeva Primmer et Kurt Jax
Eeva Primmer et Kurt Jax

Quel est l’enjeu principal du projet Agenda 2030 & Risques ?

Kurt Jax : L’Agenda 2030 pour le développement durable est une feuille de route politique importante articulée autour des 17 Objectifs de Développement Durable (ODD). Ce programme a besoin des sciences (sociales, environnementales…) pour étayer et analyser plusieurs problèmes afin de mettre en œuvre tous les objectifs et éviter les écueils. C’est une tâche très complexe. Lorsque nous avons commencé à réfléchir à la façon dont nous pouvions contribuer à l’amélioration de l’implémentation des ODD, Irstea a proposé d’aborder l’Agenda sous l’angle des risques associés. Les risques ne sont pas seulement ceux que l’on évalue avec les sciences naturelles comme les inondations ou les ouragans, mais aussi ceux qui peuvent exister au sein des systèmes de gouvernance.

Eeva Primmer : Le projet Agenda 2030 & Risques se concentre sur 3 types de risques. Tout d’abord, les risques liés à l’incapacité de mettre en œuvre les ODD. Cela peut se traduire par la difficulté à contenir la hausse des températures, ce qui peut provoquer des catastrophes naturelles. Le deuxième type de risques survient lorsqu’un ODD est mis en œuvre au détriment d’autres, comme augmenter la production alimentaire (ODD n°2 : Faim « zéro ») en surexploitant l’eau ou avec un usage excessif des pesticides. Le troisième type de risques concerne les risques systémiques, plus complexes, qui résultent de l’interaction entre les ODD. Notre but est d’identifier les sources et le parcours des risques. Nous analysons comment les acteurs de la société gèrent actuellement les risques et comment ils abordent ou pourraient aborder les ODD. Nous prenons aussi en compte le fait que les acteurs ne sont pas exposés aux mêmes risques et certains d’entre eux sont plus vulnérables que d’autres.

Quels sont les avantages de travailler à un niveau européen avec le réseau PEER ?

KJ : Il y a beaucoup d’avantages ! Nous mettons en commun nos différentes compétences et pouvons utiliser une approche comparative. Au sein de l’Union Européenne cohabitent diverses législations nationales : nous pouvons comparer comment les ODD sont implémentés et gérés dans les différents Etats, dans des entreprises privées – dans le secteur financier, des assurances –, dans les ONG etc. Les forces unies de nos différents instituts génèrent de nombreux échanges d’idées. Nous pouvons apprendre les uns des autres et voir quels sont les meilleurs modèles pour gérer les ODD en comparant les politiques de différents pays.

EP : Même si nous sommes en quelque sorte des organisations « sœurs » au sein du réseau PEER, chaque organisme peut mobiliser différentes compétences et réseaux pour le projet, on est complémentaires. Nous voulons aussi transmettre un message européen : même si les ODD sont implémentés à un niveau national, ils façonnent les politiques européennes et internationales.

Quelle est l’importance du travail conduit par Didier Richard et Nicolas Eckert, scientifiques de l’unité de recherche ETNA du centre Irstea de Grenoble, sur le projet ?

EP : L’idée concrète d’analyser l’Agenda 2030 sous le prisme des risques vient de Didier Richard. Avec Irstea, Nicolas Eckert et Didier Richard apportent une orientation sciences naturelles et une expertise sur les risques naturels. Didier Richard conduit un travail sur la cartographie du système de l’Agenda 2030 qui a pour objectif de comprendre les connexions entre les différentes cibles des ODD pour identifier les risques associés et les liens entre les ODD et les politiques européennes. Nous espérons que ce travail pourra aboutir à une typologie des risques que nous pourrons appliquer au projet.

KJ : Ils travaillent également sur les dommages associés aux ODD. Nous ne faisons pas un autre projet de recherche sur les risques, mais un projet sur les ODD où nous pensons que l’angle des risques peut être utile. L’institut français, par son expertise sur les risques, contribue à tous les aspects du projet d’une façon ou d’une autre.
 

L’eau au cœur du changement

A l’occasion du 4ème anniversaire de l’Agenda 2030, le Partenariat Français pour l’Eau (PFE), l’Agence Française de Développement (AFD) et le CNRS présentent des projets ayant permis d’accélérer la mise en œuvre des ODD autour de l’eau. Parmi eux, 3 « belles histoires » Irstea : focus sur 3 réalisations concrètes de la recherche sur le terrain

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Selon les Nations unies, l’OCDE et la Banque Mondiale, 2,1 milliards de personnes dans le monde n’avaient pas accès à des services d’eau potable gérés en toute sécurité en 2015, et 4,5 milliards ne disposaient pas de toilettes ; 80% des eaux usées étaient rejetées dans l’environnement sans traitement. Par ailleurs, les projections estiment que 40% de la population mondiale sera confrontée à des pénuries d’eau en 2050.

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