AIGA

Description

L’objectif de la méthode AIGA est de fournir une évaluation de la gravité d’un événement de crue grâce à :

  • l’affichage du niveau de gravité de l’aléa pluvial en tout point du territoire,
  • l’affichage du niveau de gravité de l’aléa hydrologique en tout point du réseau hydrographique.

Cet objectif est rempli grâce au croisement de deux informations hydrologiques : des données “temps réel” d’une part, et des données statistiques d’autre part. Les données statistiques sont des bases de données de quantiles de pluie et de débit (méthode SHYREG). Les données “temps réel” sont fournies par les radars météorologiques, qui élaborent une information pluviométrique disponible à la maille du km2, et un modèle pluie – débit événementiel fonctionnant au pas de temps horaire, qui transforme l’information pluviométrique des radars en estimation de débits à l’exutoire des bassins versants.

L’intérêt de la méthode est double :

  • on tente d’anticiper la crue par conversion immédiate des précipitations observées en débit d’où un gain de temps par rapport au processus naturel, ce qui rend l’alerte d’autant plus intéressante,
  • on dispose de cette anticipation des débits sur tous les bassins y compris les bassins non jaugés.

Un code de 3 niveaux est utilisé pour afficher les niveaux de gravité des événements :

  • niveau 1 quand les valeurs pluviométriques temps réel ou débitmétriques anticipées dépassent les quantiles de période de retour 2 ans ;
  • niveau 2 quand ces valeurs dépassent les quantiles de période de retour 10 ans ;
  • niveau 3 quand ces valeurs dépassent les quantiles de période de retour 50 ans.

La gravité de l’aléa pluviométrique est affichée à la maille du km² par coloration des pixels où la valeur de pluie radar temps réel dépasse les quantiles de pluie 2, 10 ou 50 ans ; l’affichage étant possible pour des cumuls de pluies sur des durées de 1 h à 72 h. La gravité de l’aléa de crue est affichée par coloration des tronçons de cours d’eau pour lesquels le débit anticipé dépasse les quantiles SHYREG de débit 2, 10 ou 50 ans. 

Partenariat

La méthode AIGA a été développée conjointement par Irstea et Météo-France. Les recherches de l’équipe Hydrologie du groupement d’Aix-en-Provence d'Irstea portent sur une meilleure compréhension des phénomènes hydrologiques et sur leur modélisation. Ces recherches ont une vocation opérationnelle affirmée afin de répondre au mieux à la demande sociale en matière d’estimation des débits de référence d’étiage, de connaissance des débits de crue et d’anticipation en temps réel des débits des cours d’eau.

Les travaux de Météo-France portent sur la meilleure estimation possible des lames d’eau qui alimentent ces modèles. Celles-ci sont estimées au km² à partir de données télédétectées radar. Météo-France met également en œuvre de manière opérationnelle, au sens h24, ces modèles et l’accès à leurs sorties.

État d'avancement

AIGA est une marque déposée, protégée par un brevet, déposé conjointement par le Cemagref (devenu Irstea) et Météo-France. La méthode est actuellement expérimentée par les 3 Services de Prévision des Crues du pourtour méditerranéen. Par ailleurs, les cartes de gravité AIGA sont diffusées par Météo-France, en cas d’événement intense, vers les préfectures de la zone de défense sud. Dans le cadre d’une convention pluri-annuelle avec le Ministère de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable, des Transports et du Logement, Irstea poursuit ses travaux de recherche et développement sur la méthode (amélioration de la modélisation de la pluie en débit, extension de la méthode sur d’autres régions métropolitaines, comparaison avec d’autres méthodes), ainsi que son évaluation sur des événements récents (en association avec les Services de Prévision des Crues méditerranéens et des syndicats de rivières)… Ces travaux de R&D sont régulièrement portés à connaissance du SCHAPI qui assure le suivi et la coordination du volet hydrologique de la convention pour le compte du MEEDDTL.

Le dispositif national de vigilance crues contient des zones non couvertes comme illustré lors des crues de juin 2010 dans le département du Var, les rivières touchées n’appartenant pas alors au réseau réglementaire. La méthode AIGA a pour objectif d’anticiper les crues dans ces zones.

Dans le cadre de la convention Irstea– Ministère de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable, des Transports et du Logement, le domaine géographique de la méthode AIGA (actuellement limité au pourtour méditerranéen) va être étendu nationalement (expérimentation sur une région hors domaine méditerranéen courant 2012).

La méthode AIGA s’appuie sur l’information des radars météorologiques. La principale difficulté rencontrée est la disponibilité et la qualité de cette information radar. Une sous-estimation des lames d’eau par les radars météorologiques conduit à une sous-estimation du risque de crues et, a contrario, une surestimation de la lame d’eau entraîne une surestimation du risque de crues. L’estimation de la lame d’eau par les radars météorologiques est particulièrement délicate en zone de montagne (phénomènes de masques, d’échos de sol, de limite pluie-neige…). Des travaux sont menés pour améliorer cette estimation de la lame d’eau en montagne et l’intégrer ensuite dans une plate-forme d’alerte sur les risques liés à l’eau (déploiement de radars en bande X dans le cadre du projet RHYTMME mené conjointement par Irstea et Météo-France).

L'équipe projet

Pierre Javelle, Irstea
Doctorante : Angélica Caséri
Frédéric Atger, Météo-France
Yves Bidet, Météo-France

Valorisation

La méthode AIGA a fait l’objet de diverses communications/publications dont on trouvera les principales ci-après :

Communication à un colloque international
Fouchier C., Arnaud P., Lavabre J. et Mizzi J.-P. (2007). AIGA: an operational tool for flood warning in southern France. Principle and performances on Mediterranean flash floods. Assemblée générale de l’EGU, Vienne, Autriche, 15-20 avril 2007.

Publication
Lavabre J. et Gregoris Y. (2005). AIGA : un dispositif d’alerte des crues sur l’ensemble du réseau hydrographique. Ingénieries EAT, n° 44, 3-12.