La méthode IRRIPARC - Conseils aux irrigants

Afin de conseiller les agriculteurs quant à l’utilisation des équipements d’irrigation à la parcelle, Irstea a mis au point, dans le cadre d'une collaboration avec ARVALIS Institut du végétal, une méthode d'étude, « la méthode IRRIPARC ».

Cette méthode s’appuie sur les essais de répartition pluviométrique réalisés par Irstea (au laboratoire et au champ), sur des techniques de modélisation des effets du vent en aspersion, et sur des travaux de simulation.

Elle peut se résumer de la manière suivante :

 
modélisation globale de l’irrigation à la parcelle :
  • modélisation de la répartition spatiale (en tenant compte des effets du vent) ;
  • modélisation de la conduite de l’irrigation ;
  • définition de scénarios, qui représentent des situations-type, pour une culture donnée et dans des conditions pédoclimatiques données ;
  • simulation et analyse des résultats ;
  • formulation de conseils aux irrigants.

Acquisition de données sur le matériel :      

 
  • Essais au laboratoire : ils permettent d’évaluer les performances d'un asperseur dans des conditions contrôlées, en l'absence de toutes perturbations ;
  • Essais au champ : il s'agit ici d'observer le comportement d'un asperseur ou d'une série d'asperseurs dans les conditions réelles d'utilisation. Pour cela nous avons mis au point un banc d'essais automatisé qui permet à l'aide de 400 pluviomètres de couvrir jusqu'à un hectare de surface avec un maillage de 5 m.
 

Modélisation :

 
  • Simulation de la répartition pluviométrique d’un asperseur isolé en conditions ventées ;
  • Calage du modèle de répartition à partir des essais effectués sur chaque type de matériel ;
  • Simulation de la répartition pluviométrique d’un système d’irrigation en fonctionnement ;
  • Modélisation intégrée de l’irrigation à la parcelle : le modèle global est construit grâce à l'assemblage de différents sous-modèles.

Ce modèle s'applique aux systèmes canon-enrouleur, couverture intégrale et pivots.

 

Les données nécessaires pour simuler l’irrigation à la parcelle sont les suivantes :


Météo : on utilise les données diffusées par les services de Météo-France, au pas de temps journalier, sauf pour le vent en vitesse et direction que nous utilisons au pas de temps tri-horaire.

Sol : le sol est décrit sous la forme de couches successives fonctionnant comme des réservoirs, dans lesquels l'eau et l'azote circulent.

Culture : elle est décrite de façon détaillée, pour permettre de calculer l'évolution de la culture, ses besoins en eau et en azote.

Matériel : il est caractérisé par son type (canon à enrouleur, couverture d'asperseurs fixes, pivot), les buses et pressions utilisées, les caractéristiques dimensionnelles (écartement entre passages, entre rampes, entre asperseurs, vitesse d'avancement...), et les réglages quand il y en a, et les paramètres calés à partir des essais en conditions contrôlées et ventées.

Parcelle : ses dimensions et son orientation permettent de préciser sa position par rapport aux vents dominants.

Conduite de l'arrosage : l'ensemble des points évoqués permettent de définir une stratégie d'arrosage qui tient compte des contraintes pédoclimatiques, et éventuellement des contraintes sur la disponibilité de l'eau.

Simulation   

 
  • Des scénarios sont définis par région, par culture, et par type de condition pédoclimatique ; chaque scénario prend en compte également les pratiques des agriculteurs, tant en ce qui concerne le pilotage que le réglage du matériel ;
  • La simulation de ces scénarios permet d’évaluer, sur de longues séries climatiques, les répartitions pluviométriques sur l’ensemble de la parcelle ainsi que leurs conséquences sur le plan agronomique et environnemental (production agricole, efficience de l’irrigation, pertes d’eau et lessivage d’azote) ;
  • L’analyse de ces résultats permet de donner une appréciation sur les pratiques simulées ; la comparaison de plusieurs scénarios permet d’établir des conseils spécifiques pour chaque type de matériel ; ces conseils tiennent compte des pratiques propres à chaque culture, et des conditions particulières à chaque région.

Contacts

Bruno Molle  bruno.molle@irstea.fr
Jacques Granier   jacques.granier@irstea.fr