Les indicateurs aquatiques, indices de pollution

Toute la physionomie d’une rivière est révélatrice de son état de santé. La difficulté survient quand il faut repérer les organismes les plus significatifs d’un état donné.

<body>
<p>
Le Cemagref travaille depuis de nombreuses années dans la recherche de  bio-indicateurs qui permettent de poser un véritable diagnostic de pollution.  Insectes aquatiques et petits invertébrés sont de bons candidats…</p>
<p>
La loi sur l’eau de 1992 impose de maintenir et d’améliorer la qualité écologique des eaux de surface. La première étape consiste à mesurer cette qualité, notamment par le recensement des espèces vivant dans un cours d’eau et par la connaissance de leur fonction dans l’écosystème. Or les méthodes conventionnelles de bioindication, basées sur les invertébrés (insectes, crustacés, mollusques, vers…) couramment utilisées , ne tiennent pas compte du rôle qu’ils jouent. Elles ne permettent donc pas toujours de poser un véritable diagnostic de pollution. Il s’agit donc de trouver un système d’évaluation de la qualité écologique de l’eau, qui tienne compte à la fois des organismes en place et de leurs caractéristiques, telles que la forme du corps, le nombre de cycles reproducteurs, le mode d’alimentation ou de respiration.</p>
<p>
<a href="/sites/default/files/ckfinder/userfiles/images/isoprela_JPBalmain.jpg"><img alt="Larve de plécoptère, Isoprela- © J.P. Balmain/Cemagef" class="zoom" src="/sites/default/files/isoprela_JPBalmain.jpg" style="width: 528px; height: 352px;" title="Larve de plécoptère, Isoprela- © J.P. Balmain/Cemagef" data-entity-uuid="e01b2e30-7f8c-4098-80a8-e66b332b8f2e" data-entity-type="file"></a></p>
<h2>
Une rivière passée à la loupe</h2>
<p>
<a href="/sites/default/files/ckfinder/userfiles/images/coleoptere_JPBalmain.jpg"><img alt="Larve de coléoptère - © J.P. Balmain/Cemagef" class="zoom" src="/sites/default/files/coleoptere_JPBalmain.jpg" style="width: 538px; height: 358px;" title="Larve de coléoptère - © J.P. Balmain/Cemagef" data-entity-uuid="45f1b240-66f8-48c4-8edc-87ffa4790f4f" data-entity-type="file"></a></p>
<p>
En 1995, Stéphane Charvet du Cemagref de Lyon relève le défi. Ses travaux sont menés en partenariat avec la faculté des sciences de Lyon I pour la connaissance des traits biologiques des invertébrés et avec le GIP-Hydrosystèmes qui finance une partie de ses recherches. Pour savoir si la fréquence de certaines caractéristiques biologiques (modes de respiration, de reproduction, etc.) peut être modifiée par la pollution, des prélèvements sont effectués pendant un an dans une rivière de l’Ain à proximité d’une agglomération. Tous les mois,l’eau est analysée en amont et en aval de la station d’épuration de la ville et les invertébrés sont étudiés. La méthode utilisée pour les prélèvements des organismes respecte la norme IBGN (indice biologique global normalisé) de l’AFNOR 92. Huit prélèvements sont systématiquement effectués dans des zones bien différentes de la rivière. Un filet placé dans l’eau face au courant permet de capturer les organismes dont la taille est supérieure à 0,5 mm. Ces organismes sont ensuite triés et déterminés au laboratoire grâce à une loupe binoculaire. Il s’agit essentiellement de larves d’insectes, de crustacés, de mollusques, de sangsues et de planaires.</p>
<h2>
La référence d’un cours d’eau « en bonne santé »</h2>
<p>
<a href="/sites/default/files/ckfinder/userfiles/images/trichoptere_JPBalmain.jpg"><img alt="Larve de trichoptère - © J.P. Balmain/Cemagef " class="zoom" src="/sites/default/files/trichoptere_JPBalmain.jpg" style="width: 538px; height: 360px;" title="Larve de trichoptère - © J.P. Balmain/Cemagef " data-entity-uuid="82567a9b-fd3c-427c-80c7-269fe99d3a9a" data-entity-type="file"></a></p>
<p>
En complément de l’étude précédente, 62 sites réputés non pollués ont servi de référence pour connaître la structure fonctionnelle typique d’une rivière en bonne santé. Les résultats des analyses révèlent que les caractéristiques biologiques ne changent pratiquement pas d’un cours d’eau à l’autre, dès lors qu’il est indemne de toute pollution. Tous ces prélèvements ont révélé des populations d’invertébrés avec des proportions équilibrées de tous les traits fonctionnels classiques comme la taille, la durée de vie, le nombre de cycles reproducteurs et le nombre de descendants. Une rivière en bonne santé est riche en invertébrés de taille moyenne comprise entre 5 mm et 20 mm. Leur durée de vie est de l’ordre de 1 an, avec un cycle de reproduction par an. Ils sont capables d’utiliser toutes les<br>
sources de nourriture présentes. La saison ne semble pas intervenir sur ces caractéristiques biologiques. De ce fait, le seul facteur de variation serait la pollution des eaux.</p>
<h2>
Des organismes adaptés pour résister à la pollution</h2>
<p>
Les prélèvements effectués à l’amont de la station d’épuration ont révélé une abondance d’organismes supportant une pollution accidentelle. Cette pollution mixte toxique et organique est liée aux déversoirs d’orages de la ville.  Les populations d’invertébrés sont perturbées par ces pollutions intermittentes. Les organismes les plus fréquemment retrouvés sont ceux qui sont capables de se remettre très vite d’une perturbation. Ils sont appelés organismes r (résilients). Ils se caractérisent par une nombreuse descendance. Ils sont en général de petite taille et ont une durée de vie courte. Ils respirent par les branchies mais aussi par un système leur permettant d’emmagasiner de l’air atmosphérique. Grâce à cela, ils sont capables de vivre dans des milieux peu oxygénés, comme dans le cas d’une pollution de type organique. Ces organismes sont souvent des larves d’insectes, comme celles des coléoptères ou des libellules.</p>
</body>