Prévention du risque inondation en zone urbaine : l’expertise française s’exporte au Brésil

Un nouveau radar météorologique nouvelle génération a été inauguré le 14 juin à São Paulo, au Brésil. Coordonné par l’entreprise française NOVIMET en partenariat avec Irstea, le projet vise une meilleure gestion du risque inondation ; une problématique majeure pour les brésiliens. Les chercheurs ont dû adapter leurs modèles de prévision au contexte urbain et climatique.

Imperméabilité croissante des sols, urbanisation sauvage sur des zones reconnues inondables : le risque inondation (crues torrentielles, inondations urbaines et glissements de terrain) s’accroît dans la région de São Paulo. Pour mieux anticiper le risque, un nouveau radar "high tech" dénommé HYDRIX®, et développé par la société française NOVIMET, a été inauguré en plein cœur de la capitale économique brésilienne avec l’Université de São Paulo (USP) et la Fondation du centre de la technologie hydraulique (FCTH).

Cette nouvelle génération de radar météorologique, doté du logiciel breveté ZPHI®, permet de mesurer les précipitations à très fine échelle. Associé aux modèles de prévision des crues d’Irstea spécialement adaptés pour l’occasion, cet outil va permettre d’améliorer la gestion du risque inondation en ville au Brésil.

Gérer le risque

En France, l’épisode de très fort ruissellement dans le sud-est qui a causé plus de 20 morts en octobre 2015 et les récentes crues majeures où les victimes sont moins nombreuses, mais les dégâts matériels considérables, rappellent l’enjeu majeur que revêt la gestion du risque inondation.

La collaboration entre Irstea et NOVIMET sur le thème du risque inondation a débuté dans les Alpes-Maritimes à travers le développement d’un outil qui permet de fournir des prévisions de débit en temps réel à partir des données de pluie acquises par radar. Les modèles de prévisions d’Irstea ont été spécialement adaptés pour le contexte de São Paulo. Ces modèles sont issus de différentes méthodes développées par Irstea qui ont déjà fait leurs preuves en France et qui sont maintenant couramment utilisées par les services opérationnels.

Malgré les grands progrès accomplis en la matière, il est nécessaire d’améliorer encore les méthodes et outils de prévention et de prévision. Cette collaboration internationale inédite [1], lancée entre la France et le Brésil, bénéficiera aux 2 pays. Les données collectées par ce nouveau radar HYDRIX® serviront également à nourrir de futurs projets communs.

De gauche à droite :

  • Professeur Carlos Augusto Morales (coordinateur du projet),
  • Prof. José Roberto Castilho Piqueira (Directeur de l'Ecole Polytechnique USP),
  • Prof. Laerte Sodré Junior (Directeur de l'Institut d'Astronomie, Géophysique et des sciences atmosphériques de l'USP),
  • Prof. Ana Cristina Limongi-França (Pro-recteur adjoint de la Culture et de l'extension universitaire de l'USP),
  • Damien Loras (Consul Général de France à São Paulo),
  • Jacques Testud (PDG de NOVIMET),
  • Prof. Monica Porto (Secrétaire adjointe du Département de l'assainissement et des ressources en eau du gouvernement de l'Etat de São Paulo),
  • Prof. Vahan Agopyan (Vice-recteur de l'Université de São Paulo)
  • et Prof. Mario Thadeu Leme de Barros (Président de la Fondation du centre de technologie hydraulique - FCTH - et coordinateur du projet).

Irstea, institut Carnot

Labellisé depuis 2006 pour l’ensemble de ses activités, Irstea fait partie du réseau des Instituts Carnot. Ce label d’excellence, décerné par le ministère de l’Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, regroupe aujourd’hui 34 instituts de recherche. Il reconnaît la qualité des recherches menées en partenariat avec le secteur socio-économique, de la sphère publique et privée ; l’objectif étant de développer la recherche partenariale et de favoriser le transfert de savoir-faire. Ce partenariat avec la start-up NOVIMET est un exemple parmi d'autres.

En savoir plus

[1] Financé par le FASEP (Fonds d’étude et d’aide au secteur privé) : Ministère de l’économie et des finances de France, le projet bénéficie également du soutien du Consulat général de France à São Paulo.