Véronique Bellon-Maurel, première femme lauréate du Grand prix IMT – Académie des sciences

Véronique Bellon-Maurel © Irstea
Véronique Bellon-Maurel © Irstea

Récompensée pour sa contribution scientifique exceptionnelle dans le domaine des technologies capteurs proche-infrarouge et du numérique au service d’une agriculture durable et de l'environnement, Véronique Bellon-Maurel est la première femme à recevoir le Grand prix IMT - Académie des sciences. Dotée d’une véritable vision pour la transition de l’agriculture à travers les nouvelles technologies, Véronique Bellon-Maurel sait aussi rassembler les acteurs publics et privés autour de projets structurants et fédérateurs.

Véronique Bellon-MaurelLe Grand prix IMT – Académie des sciences fondé par l’IMT (Institut Mines-Télécom) récompense une ou un scientifique ayant contribué, de manière exceptionnelle par un ensemble d’avancées scientifiques, à faire progresser des problématiques issues du monde industriel ou de l’entreprise, au service d’une économie durable. Le prix peut concerner l’un des domaines scientifiques et technologiques suivants : transformation numérique dans l’industrie, ingénierie de l’énergie et de l’environnement, matériaux et fabrication.

Le Grand Prix est cette année remis à Véronique Bellon-Maurel, directrice du département Ecotechnologies d’Irstea et de l’Institut Convergences Agriculture Numérique #DigitAg. Possédant une véritable vision pour l’agriculture et son développement vers l’agroécologie via les technologies numériques, la chercheuse sait fédérer les acteurs publics et privés autour de projets impactants. Son crédo : passer de la recherche à l’action, mettre la recherche partenariale entre acteurs publics et privés au cœur de la création d’innovations et de valeurs.

A la nouvelle de sa récompense, elle réagit : « Si ce prix n’avait pas existé, j’aurais voulu l’inventer ! Parce qu’il conjugue la Science et la Technologie, deux approches, deux finalités, deux angles de vue que trop souvent certains séparent voire opposent. Dans toute ma carrière, j’ai revendiqué de faire de la science pour la technologie. Quelle a été la clé de mes premières recherches ? Comprendre pour agir, voilà ce que j’ai choisi. Enfin, je suis très fière d’être la première femme à avoir obtenu ce prix. C’est une manière de dire aux jeunes femmes qu’elles ont leur place et un rôle à jouer dans la technologie. Et qu’on les attend. » 

Un parcours d’exception

Ingénieure agronome (du corps des Ponts, des Eaux et des Forêts – IPEF), Véronique Bellon Maurel a rejoint les équipes du Cemagref (ancien nom d’Irstea) de Montpellier en 1987. Ses travaux de recherche, reconnus internationalement, ont notamment permis de faire progresser l’utilisation de la spectrométrie proche infra-rouge dans les capteurs agricoles et environnementaux, pour l’agriculture de précision ou l’amélioration des procédés. Ils ont été à l’origine de 2 créations d’entreprise Ondalys et Indatech.

A partir des années 2008-2009, elle élargit le périmètre de ses recherches au-delà de la mesure sensu stricto: il s’agit non plus de mesurer une propriété d’un produit agricole, mais d’évaluer sa performance environnementale. C’est dans ce cadre qu’en 2008, elle crée le laboratoire ELSA sur l’analyse de cycle de vie avec Philippe Roux, et ensuite la chaire industrielle ELSA-Pact en 2013.

Depuis 2013, en tant que directrice du département Ecotechnologies, elle a joué un rôle clé dans différentes missions gouvernementales. Elle a été très impliquée dans la rédaction de trois rapports pour les Ministères de l’Agriculture et de la Recherche: Le Futur du secteur des Agroéquipements (Bournigal, 2014), Agriculture innovation 2025 (Bournigal et al, 2015) et le rapport AgGate - Portail de données agricoles (Bournigal, 2016).

En 2017, elle lance l’Institut Convergence #DigitAg, projet qu’elle a porté pendant près de 18 mois avant qu’il ne soit lauréat de l’Appel à Projets éponyme en 2016. Financé dans le cadre des Investissements d’Avenir, #DigitAg réunit dans un partenariat de 17 acteurs, organismes publics de recherche et d’enseignement, acteurs du transfert et entreprises, autour de l’objectif de préparer et d’accompagner le développement harmonieux de l’agriculture numérique et des entreprises du domaine, en France et dans les pays du Sud. Basé à Montpellier avec une antenne à Toulouse et à Rennes, et doté de 9,9 M€ de subventions, #DigitAg est piloté par Irstea, avec l’ambition d’en faire une référence mondiale pour l’agriculture numérique.

En septembre 2019, elle est lauréate de l’appel à projets « Territoires d’innovation » avec un nouveau projet fédérateur, OccitANum, qu’elle a monté via un intense travail de construction partenariale de près de 9 mois. OccitANum - pour Occitanie Agroécologie Numérique - est un LIT (Laboratoire d’innovation territoriale) qui a pour ambition de mobiliser les outils numériques pour accélérer la territoriale transition agroécologique dans les exploitations, faciliter l’alimentation de proximité, mieux connecter citoyens-consommateurs et agriculteurs, mais aussi de favoriser l’émergence de nouveaux opérateurs économiques de l’Ag tech, et diffuser ce modèle d’innovation ouverte. Avec OccitANum, c’est un nouveau mode de recherche et d'innovation, participatif, qui sera expérimenté pour conjuguer numérique et transition agroécologique.

Les prix déjà reçus par Véronique Bellon-Maurel : Thomas Hirschfeld Award 2008 (Plus haute distinction scientifique en SPIR), Grand Prix Objectif LR Décideur Européen 2008 (pour le FUI Vinnotec), 1er Prix FIEEC 2016 (Transfert recherche-industrie dans le domaine informatique électronique), Prix Georges Frèche – Université Sud de France 2016 (Personnalité scientifique de la métropole de Montpellier), SEDIMASTER 2016 (Prix des distributeurs des machines agricoles pour ses activités en faveur du secteur des agro-équipementiers).

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