Vers des eaux et territoires durables en 2030 ?

Aqua 2030 a rendu sa copie : l'étude prospective « Eau, milieux aquatiques et territoires durables 2030 », lancée fin 2010 par le Commissariat général du développement durable du MEDDE, apporte un éclairage sur les défis, opportunités et risques liés à l’eau et aux milieux aquatiques d’ici 20 ans. Irstea a apporté son expertise scientifique et technique. Consultez la synthèse en ligne.

Quel sera l’état de l’eau d’ici 20 ans ? Et quelle gestion peut-on espérer ? La France s’est engagée à atteindre le bon état écologique de ses masses d’eau d’ici 2015, en application de la Directive-cadre européenne sur l’eau (DCE). Mais si la tendance actuelle se poursuit, ces objectifs ne seront « globalement pas atteints ».

Pour mieux préparer l’avenir, en réduisant les incertitudes et en anticipant les tensions futures, la mission prospective du ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie a lancé en juin 2010 une démarche prospective : « Eau, milieux aquatiques et territoires durables 2030 » (Aqua 2030). Objectif : atteindre le bon état des eaux et des milieux aquatiques dans des territoires durables. Pour ce faire, il est nécessaire d’adopter une meilleure gestion de l’eau, en intégrant toutes les dynamiques (naturelles, socio-économiques,...).

En effet par définition, l'eau et les milieux aquatiques sont indissociables des territoires, et donc de l’Homme. Dès lors, quand les territoires ont un impact sur les milieux aquatiques (pression foncière, pollution, surexploitation,…), c’est tout un écosystème qui est fragilisé. Ces liens complexes illustrent parfaitement le défi qui se présente : allier préservation des ressources en eau et des milieux aquatiques et développement socio-économique des territoires.

5 scénarios, 5 futurs possibles pour la gestion de l’eau

Les experts d’Aqua 2030 ont dessiné 5 scénarios pour un aperçu des tensions futures à 20 ans, en intégrant près de 50 variables, se rapportant notamment à  la biodiversité, la gouvernance, l’agriculture, l’emploi ou encore le prix de l’énergie.

Parmi ces 5 scénarios, celui intitulé « Choix des technologies douces où l’être humain se restreint pour respecter les écosystèmes » apparaît comme le plus doux :

Suite à une série d’événements climatiques extrêmes avant 2015, une prise de conscience collective survient et les comportements changent. La maîtrise de l’évolution climatique devient une priorité. Alors, les entreprises soutenues par les pouvoirs publics se positionnent sur les secteurs innovants et « verts » des écotechnologies, les plans d’aménagement n’empiètent pas sur les cours d’eau malgré la pression foncière, la capacité d’auto-épuration des milieux s'améliore avec la restauration de zones semi-naturelles,… Résultat : les objectifs de la DCE sont atteints.

Les 4 autres scénarios ne sont pas aussi optimistes et font davantage écho à la crise économique actuelle ; l’idée de la mission prospective étant de balayer diverses éventualités en dessinant des scénarios exploratoires d’évolution des relations entre eau, milieux aquatiques et territoires d’ici 2030. Et de présenter, in fine, quelques marges de manœuvres valables pour tous les scénarios.

Recommandations et pistes d’action

En appui à ces 5 scénarios, le groupe d’experts a produit un grand nombre de recommandations à destination des décideurs, acteurs publics et privés, pour des adaptations locales et des pistes d’action.

4 grands objectifs ont été dégagés :

  • Poursuivre la réduction des impacts de nos activités sur l’eau et les milieux aquatiques : par exemple, réduire l’usage des polluants ou encore développer et favoriser les activités et les produits de consommation à faible empreinte eau.
  • Garantir l’adaptation des acteurs des territoires pour faire face aux conséquences inévitables des changements environnementaux et les responsabiliser : par exemple, renforcer l’éducation, l’information et la communication sur les enjeux relatifs à l’eau ou encore responsabiliser juridiquement et financièrement les collectivités aux conséquences de leurs politiques environnementales.
  • Favoriser la R&D, l’innovation et leur diffusion sur les enjeux relatifs à l’eau et aux milieux aquatiques : par exemple, accroître les connaissances sur les écosystèmes aquatiques en vue de mieux comprendre leur fonctionnement, ou encore favoriser le transfert de connaissances auprès des professionnels.
  • Renforcer les approches intégrées de la gestion de l’eau et des milieux aquatiques : par exemple, promouvoir les approches participatives (acteurs de l’amont et de l’aval du bassin) ou encore développer et maintenir les solidarités entre territoires dans un objectif de complémentarité face aux inégalités territoriales.

Le travail de prospective a également mis en évidence que certaines conséquences du changement climatique ne pourront être atténuées et que la perception sociale de l’environnement varie. Ces variations pourront tout aussi bien se révéler des leviers d’actions que des freins. 

À noter que la politique de l’eau sera l’un des principaux thèmes de la Conférence environnementale du ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, les 20 et 21 septembre 2013.

Consultez en ligne la synthèse de la prospective Aqua 2030 sur le site du ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie.

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