Comment prendre en compte la naturalité dans la gestion...

Telle est la question abordée par le colloque "Naturalité, vers une autre culture des eaux et des forêts" qui se tiendra du 17 au 20 septembre à Chambéry. Co-organisé par WWF, Irstea et Refora (Réseau écologique forestier Rhône-Alpes), l’événement mêle travaux scientifiques, retours d’expériences et applications pratiques à destination des gestionnaires, mais aussi des plus curieux.

Peut-on produire plus de bois tout en préservant mieux la biodiversité, suivant les objectifs assignés par le Grenelle de l'environnement ? Une forêt a-t-elle eu le temps de vieillir entre deux coupes ? Et préserver des îlots de bois mort a-t-il une influence sur la diversité des espèces ?

Ces problématiques majeures guident les recherches menées par les scientifiques, pour une meilleure gestion des forêts, rivières et autres espaces naturels. Mais connaissez-vous la notion de naturalité ? Le terme est difficile à cerner, mais peut être défini en l’absence de signes de perturbation due à l’Homme.

Les chercheurs collectent ainsi des informations sur les 4 éléments essentiels des écosystèmes, souvent associés sous le terme de naturalité :

  • l’ancienneté
  • la maturité (ne fait plus seulement référence à l’occupation du sol ; plutôt, la forêt a-t-elle eu le temps de vieillir, entre les coupes forestières ?)
  • la spontanéité (libre évolution, dynamique,…) des espèces en forêt exploitée et non exploitée
  • la continuité spatiale (interfaces avec les milieux humides, non-fragmentation, trame verte et bleue,…).

Les récentes avancées scientifiques seront présentées au colloque "Naturalité, vers une autre culture des eaux et des forêts" à Chambéry. Objectif : appréhender cette notion comme l’un des paramètres pour l’évaluation du fonctionnement des écosystèmes forestiers ou encore de leur relation avec notre société. Et trouver un compromis pour satisfaire tous les acteurs.

Recherches Irstea

10 chercheurs Irstea des centres de Grenoble et de Nogent-sur-Vernisson feront part de leur expertise scientifique en participant à des séances plénières, ateliers et débats.

Les équipes du centre Irstea de Nogent-sur-Vernisson présenteront les résultats du projet Gestion forestière, biodiversité et naturalité (GNB). Depuis 2008, ils comparent  des parcelles exploitées à des parcelles non-exploitées, notamment des réserves intégrales soustraites à l'exploitation depuis au moins 20 ans. Ils mesurent ainsi la présence et l'abondance d’espèces (plantes vasculaires, mousses, champignons, chauve-souris, oiseaux,...) sur les placettes étudiées, afin d’expliquer au mieux les variations de biodiversité forestière entre les différentes zones.

Les équipes de Grenoble présenteront, quant à elles, les travaux menés sur les compromis entre fonctions forestières, en particulier entre les fonctions de protection contre les risques naturels et de conservation de la biodiversité.

Le rendez-vous de la naturalité et des forêts anciennes

L’événement, co-organisé par WWF, Refora (Réseau Ecologique Forestier Rhône-Alpes) et Irstea, rassemble scientifiques, gestionnaires d’espaces naturels et associations. L’occasion de partager les derniers travaux scientifiques, d’échanger sur les problèmes et retours d’expérience des gestionnaires, ainsi que sur les outils de gestion pour l’aide à la décision.

Le grand public n’est pas en reste : un colloque pour enfants est prévu en parallèle, ainsi que des débats et une exposition artistique.

L’édition 2013 se veut le prolongement de 2 précédents colloques remarqués : en 2004, autour de l’importance du bois mort ; le colloque de 2008 lança, quant à lui, le terme de naturalité.

Quelques chiffres

  • Les forêts à caractère naturel représentent 15 à 20 millions d’ha, soit 5 % du territoire européen.
  • En France, ce chiffre chute à 0,2 % tandis que 74,6 % des forêts ont pour objectif principal la production de bois.
  • Les forêts jeunes, artificialisées et régulièrement exploitées, n'abritent en moyenne qu'environ 200 m3 de bois vivant par hectare (contre 500 m3/hectare dans une forêt dite primaire ou originelle).

Source : projet GNB – Irstea, rapport de synthèse 2008-2012

Retrouvez le programme complet sur le site du colloque

Pour en savoir plus