Impact du changement climatique sur les zones littorales : un rapport scientifique remis à l’occasion du G7

À l’occasion du G7 à Biarritz, 30 scientifiques ont réalisé pour le compte de la Région Nouvelle-Aquitaine, sous la coordination de chercheurs issus d’Irstea, du BRGM via l’Observatoire de la Côte Aquitaine, et des UMR LIENSs (CNRS - Université de la Rochelle) et EPOC (CNRS - Université de Bordeaux), une synthèse des recherches menées en région sur l’impact du changement climatique vis-à-vis des risques littoraux et sur les politiques et stratégies à mettre en œuvre pour s’adapter à ces changements. Cette contribution met en lumière l’excellence scientifique dans ce domaine en Nouvelle-Aquitaine.

Cette synthèse a été remise à Alain Rousset, président de la Région Nouvelle-Aquitaine, puis au Président de la République, Emmanuel Macron, lors de l’inauguration du village de valorisation territoriale à la Halle d’Iraty de Biarritz samedi 24 août.

Le changement climatique fait peser des menaces sur de nombreuses régions du monde avec des évolutions très diverses : augmentation des températures, événements météorologiques extrêmes, augmentation du niveau de la mer… Ces risques sont particulièrement élevés sur les zones côtières qui sont fortement peuplées. Les défis liés aux risques physiques, aux mesures et aux stratégies d’adaptation en zones côtières sont au cœur des préoccupations scientifiques et politiques en Nouvelle-Aquitaine. Les travaux de recherche y sont menés en étroite interaction avec les décideurs et gestionnaires des territoires, et sont reconnus aux niveaux régional, national et international.

Ces travaux ont été synthétisés dans un rapport intitulé « Changement climatique et risques littoraux : apports scientifiques pour une adaptation durable et juste ». Il constitue une composante majeure du document « Territoires Océan : Acteurs de solutions ».

Les littoraux : des zones particulièrement sensibles au changement climatique

Les zones littorales concentrent près de la moitié de la population mondiale avec de nombreuses villes et mégapoles. De plus, la globalisation des échanges, l’attractivité résidentielle, économique et touristique participent à l’augmentation de la densité de population sur ces zones à la fois riches et fragiles. S’il faut prendre des mesures pour réduire les causes du changement climatique, il est donc nécessaire d’anticiper ce qui pourrait se produire afin de s’y préparer et de s’en prémunir. Mais les effets en cours ou attendus du changement climatique sur les littoraux sont divers et peuvent se cumuler dans le temps et dans l’espace. Cette synthèse s’est concentrée sur deux aléas majeurs affectés par le changement climatique :

  • l’érosion marine, c’est-à-dire le recul du trait de côte
  • et la submersion marine, c’est-à-dire l’inondation temporaire ou définitive d’une zone côtière.

Dès les prochaines décennies, l’augmentation du niveau marin va entraîner une augmentation de l’intensité et de la fréquence des événements de submersion marine le long des côtes basses. L’impact du changement climatique sur l’aléa érosion restera quant à lui difficile à distinguer d’autres facteurs comme la variabilité des vagues et des tempêtes ainsi que les activités anthropiques dans un contexte de pénurie sédimentaire.

Ces évolutions présenteront de fortes hétérogénéités régionales, et l’accentuation de l’aléa érosion en raison de l’augmentation du niveau des mers pourrait ne survenir que plus tard dans la seconde moitié du XXIème siècle.

Anticiper pour s’adapter

Chaque environnement a une dynamique qui lui est propre et les évolutions dues au changement climatique seront différentes d’une région à l’autre et n’affecteront pas de la même manière les populations. Ces inégalités vis-à-vis des risques se traduisent par des inégalités en termes de capacités d’adaptation (selon les territoires, les groupes sociaux, les activités économiques…) qui doivent être prises en compte dans les stratégies et politiques d’adaptation.

Cela implique de mieux partager les connaissances pour construire de nouvelles pratiques de gestion adaptative et durable des activités. Le rapport préconise notamment de restaurer et préserver les écosystèmes littoraux pour atténuer les effets de la submersion et de l’érosion, d’expérimenter des solutions fondées sur la nature et la résilience des écosystèmes, et d’inclure dans les réflexions différents scénarios d’évolutions climatiques et socioéconomiques.

Tout comme la diminution des émissions de gaz à effet de serre, l’adaptation au changement climatique est ainsi un enjeu scientifique, politique et social majeur qui se pose à toutes les échelles d’action publique. Le rapport insiste également sur la nécessité de développer des politiques d’adaptation conjointes avec les actions de lutte contre les inégalités environnementales. Il se conclue ainsi : « Il ne s’agit donc pas seulement d’adapter nos systèmes socioéconomiques à cette nouvelle donne climatique, mais aussi de les transformer pour une adaptation durable et juste. »

 

Le rapport remis est consultable ci-dessous :

Rapport territoires océan : acteurs de solutions