La biodiversité des communes, pas si commune

65 espèces de mousses, 150 de coléoptères, 46 de punaises, 88 de cicadelles, 75 de papillons de jour, 540 de papillons de nuit et 30 d’abeilles : c’est le résultat d’un inventaire encore partiel des espèces conduit à Nogent-sur-Vernisson dans le Loiret, par une équipe bénévole de huit chercheurs en écologie d’Irstea. Ces données iront alimenter l’Atlas de la biodiversité dans les communes (ABC).

L’Atlas de la biodiversité dans les communes (ABC) est une opération de recensement des espèces et de communication autour de la biodiversité locale initiée par le ministère en charge de l’environnement en 2010. Parmi les enjeux de l’atlas, on peut citer celui de mieux connaître, mais aussi de mieux faire connaître, le patrimoine naturel des communes en vue de mieux le protéger. En effet, certaines espèces restent particulièrement méconnues faute de n’avoir jamais ou très peu été inventoriées. Par exemple, l'ABC réalisé à Nogent permet de recenser des espèces qui ne l'ont pas encore été à l’échelle du Loiret, ou de retrouver des espèces qui ne l'avaient été que dans cette commune. Cette connaissance de la biodiversité locale pourrait servir à mieux appréhender son érosion dans un contexte de changements globaux, comme c'est déjà le cas dans les pays les plus avancés en la matière, tels que la Suisse par exemple.

C’est plus de 200 communes qui participent à ce dispositif original mobilisant sur le terrain et de manière bénévole des professionnels et des associations de naturalistes. Le centre Irstea de Nogent-sur-Vernisson, fort de ses spécialistes de la faune et de la flore forestière de France, a été sollicité dès l’origine pour participer au projet. Par ailleurs, Nogent avait déjà été identifiée comme la commune abritant le plus grand nombre d'espèces de plantes vasculaires recensées dans le département, son patrimoine naturel est aujourd'hui le mieux connu du département.

Toutes les données géoréférencées vont être prochainement transmises à Loiret Nature Environnement et Nature Centre qui coordonnent l'opération pour le compte de la DREAL Centre. Elles iront ensuite enrichir les bases de données de l’INPN (Inventaire national du patrimoine naturel) et celles du CBNBP (Conservatoire botanique national du bassin parisien). Enfin, une plaquette à destination du grand public sera éditée à l'issue du projet, courant 2013.

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