Quand les végétaux nous protègent des risques, c’est du génie… végétal !

Efficaces et durables, les techniques du génie végétal permettent de faire face aux risques d’érosion des berges. Apprenez-en plus sur ces méthodes innovantes et respectueuses de la biodiversité à l’occasion de la publication du livre Génie végétal en rivière de montagne et de la conclusion du projet Géni’Alp.

Quand le béton se met au vert

En montagne, les aléas peuvent être extrêmes et imprévisibles. Protéger les infrastructures humaines a souvent été la fonction du génie civil, qui depuis les années 50, utilise les techniques minérales, murs en béton et enrochements le long des berges. Or, bien qu’efficaces, ces ouvrages peuvent perturber la continuité des écosystèmes et parfois constituer des « verrues paysagères ».

Peut-on redonner plus de place à la nature tout en protégeant le territoire montagnard ?

Protection rime avec végétation 

Des techniques plus douces et respectueuses de l’environnement permettent une meilleure intégration environnementale des ouvrages, parmi elles : le génie végétal. Cette technique d’ingénierie écologique exploite les propriétés des plantes vivantes pour lutter contre l’érosion et favoriser la stabilisation des berges. Aussi résistantes que certains ouvrages du génie civil, ces méthodes sont souvent moins coûteuses et participent au maintien de la végétation et des corridors écologiques (zones de passage entre habitats naturels propices à la biodiversité).

Le génie végétal, de plus en plus utilisé en plaine, le long des fleuves et voies navigables, reste encore marginal en montagne du fait des fortes contraintes qu’on y rencontre.

Un projet collaboratif entre la recherche et les professionnels

Développer et expérimenter son usage dans les régions montagneuses, un pari réussi pour le projet Géni’Alp, initié en 2010 par Irstea Grenoble, l’association Rivière Rhône-Alpes et l’hepia de Genève. Rassemblant 11 structures de l’espace transfrontalier franco-suisse (associations, collectivités territoriales, écoles d’ingénieurs, établissement public) et piloté en France par la région Rhône-Alpes, ce projet a permis de faire progresser l’usage du Génie végétal dans la région.

6 chantiers expérimentaux en milieu montagnard ont mis les techniques végétales à rude épreuve, poussant leurs limites plus loin et plus haut. L’altitude et la pente, principales contraintes spécifiques aux chantiers de génie végétal en montagne, ont notamment obligé à reconsidérer les espèces végétales utilisées. En effet, le choix de végétaux adaptés est essentiel car ce sont eux et leur système racinaire qui vont assurer la pérennité des ouvrages.

Des journées de formation se sont déroulées sur ces chantiers expérimentaux. Elles ont permis de réunir gestionnaires, maîtres d’ouvrage, techniciens et chercheurs. L’enjeu était aussi de montrer aux gestionnaires l’usage de ces techniques en altitude ou sur des rivières à forte pente. Le retour d’expérience sur ces ouvrages constituera un véritable outil d’apprentissage pour l’ensemble des acteurs.

Parallèlement, un grand nombre de chantiers de génie végétal ont servi de terrain de recherches dans le cadre d’une thèse consacrée au suivi de la biodiversité et du fonctionnement de ces écosystèmes restaurés.

L’ouvrage technique Génie végétal en rivière de montagne récapitule l’ensemble des expériences et connaissances acquises tout au long du projet. Ce livre mêlant sciences de l’ingénieur, hydrologie, botanique et écologie fournit donc les éléments nécessaires aux maîtres d’ouvrage pour que la biodiversité et les écosystèmes soient pris en compte dans leur projet d’aménagement des berges en montagne. Il donne des éléments de contexte sur le génie végétal, ses limites et les questions à se poser lorsque l’on veut mettre en place un ouvrage. De nombreux chantiers, ceux du projet mais également ceux issus d’un retour d’expérience à l’échelle alpine y sont présentés en détails. Il comprend également un guide des espèces. Ce guide original décrit à la fois les écosystèmes modèles et les espèces sélectionnables pour les ouvrages. Fait rare, cette flore contient une clé de détermination des saules en phase de repos végétatif, notamment à partir des bourgeons et rameaux.

Cet ouvrage est désormais téléchargeable gratuitement.

Consultez également le site de Géni’Alp.

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